Jacob Ouédraogo, député du Congrès pour la démocratie et le progrès (parti au povoir) : « Je pense que lechef de l’Etat travaille toujours à promouvoir un dialogue politique républicain. Si le chef de file de l’opposition tient ces propos, cela n’engage que lui. Pour ma part, je crois que le fait de concevoir et d’adopter une loi portant statut du chef de file de l’opposition traduit la volonté politique d’instituer une opposition républicaine qui puisse apporter sa contribution dans le débat démocratique et faire en sorte qu’il y ait un contrepouvoir afin d’apporter la contradiction. Et c’est ce qui est nécessaire en démocratie. »
Abdoul Kader Ouédraogo, délégué médical : « Sur des questions d’envergure nationale, il y a lieu d’inviter l’opposition pour recueillir son point de vue. L’opposition, comme le pouvoir, travaille pour la bonne marche du pays. L’opposition a joué à la politique de la chaise vide lors des travaux du Conseil consultatif sur les réformes politiques. Ce n’était pas une bonne option. Mais peut être que cette façon de faire découle du sentiment qu’elle a de ne pas être écoutée. Tout compte fait, il est toujours important d’écouter tout le monde. Le chef de l’Etat pourra par la suite retenir les bonnes propositions à même d’aider faire à avancer le pays. »
Mme Kantiéné, comptable : « Dialoguer avec l’opposition n’est pas une obligation pour le chef de l’Etat. Mais pour la démocratie, c’est une nécessité. L’opposition ne doit pas être vue comme un ennemi mais comme un partenaire. Elle peut être un agent qui participe à la bonne gouvernance. L’opposition peut avoir des éléments, des propositions qui peuvent être utiles. Il y a parfois des cadres de concertation auxquels on convie l’opposition, preuve qu’elle est importante. C’est parce qu’il y a une opposition qu’il y a un pouvoir. Sans opposition, pas de bonne gouvernance et pas de défis à relever. »
Cyrille Poda, société civile : « Quand on voit ce qui se passe entre le pouvoir et l’opposition, c’est carrément une guerre et pourtant ça ne doit pas être le cas. Si l’opposition demande à rencontrer le chef de l’Etat, il doit la recevoir car il est le président de tous le Burkinabè. Les opposants sont aussi des Burkinabè. »
Francine Kanzié, étudiante en 3e année de communication : « Comme l’a souligné le chef de file de l’opposition, presque toutes les couches de la société ont été consultées par le chef de l’Etat au cours de la crise sociopolitique de 2011 sauf l’opposition politique. L’opposition vise certes la conquête du pouvoir d’Etat. Mais l’idéal serait de la consulter et de prendre en compte ses propositions. Le chef de l’Etat doit consulter l’opposition sur certaines questions d’intérêt national, même s’il n’est pas obligé. »
Hermann Bazyomo, étudiant en 4e année Communication : « Je trouve qu’il y a de l’exagération dans les propos tenus par Me Sankara. Il est vrai que le chef de l’Etat ne rencontre pas l’opposition. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne la consulte pas. Je pense que l’Assemblée nationale par exemple est un cadre de consultation de l’opposition. Le président du Faso n’a pas reçu l’opposition pendant la crise de 2011, il est vrai. Je pense que c’est normal. La crise n’avait rien de politique. Elle était plutôt sociale. C’est pourquoi les regroupements apolitiques ont été invités. L’opposition a intérêt à gagner du poids car le chef de l’Etat ne va pas consulter une opposition faible et divisée. »
GUY YAMÉOGO (STAGIAIRE)
Fasozine




