« C’est un comportement inacceptable qui m’a été réservé et infligé par le consulat de France au Burkina Faso. » Le 2 juillet 2012, Halidou Ouédraogo devait être en France avec son médecin, pour un contrôle médical et une rééducation auxquels il est astreint tous les six mois depuis qu’il a été victime d’une rupture d’anévrisme en 2006. L’homme a pu faire régulièrement ses contrôles mais à titre privé à Cuba, au Sénégal, au Ghana, au Nigéria et en France, à l’hôpital de Neuilly au Centre Mirabeau. Depuis deux ans, il a demandé un appui du gouvernement pour aller faire son contrôle médical. Le décret d’évacuation en main, il prend rendez-vous avec son médecin pour le 2 juillet.
Le 28 juin, tout le projet tombe à l’eau au consulat de France. Réservation d’hôtel et facture de clinique en main, son dossier est rejeté au motif, selon lui, que l’infirmerie de l’ambassade de France devrait délivrer une attestation qui prouve que son évacuation est nécessaire et de donner la preuve que les cliniques ont été désintéressées. Le défenseur des droits de l’Homme n’a pas supporté que l’on récuse ou ignore royalement l’arrêté du ministre de la Santé en date du 20 juin qui, pourtant, contenait toutes les indications demandées. « Si ce n’est du racisme, c’est donc de l’analphabétisme ».
Le président d’honneur de l’UIDH, Halidou Ouédraogo, estime avoir rempli les conditions. Son indignation est d’autant plus grande qu’il a déjà bénéficié d’un visa de quatre ans, donné des cours en France où réside et travaille sa fille qui est Française. Il estime n’avoir pas la tête d’un potentiel immigré. Il déclare à l’attention de certains agents du consulat que « quand on ne comprend pas les Africains, on ne vient pas en coopération. Nous ne pouvons pas continuer à accepter la France-Afrique et ses méthodes ». Dans la foulée, l’avocat a adressé une lettre de protestation au président français, François Hollande.
Il en a adressé également au président du Faso. L’avocat a rendu hommage au ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité qui a demandé des nouvelles du dossier. Il a souhaité également que le Ministère de la santé fasse un suivi rapproché des dossiers d’évacuation afin de s’assurer du sort des patients. Ce que subissent les Burkinabè au consulat de France « est de la responsabilité des autorités burkinabè. Ces gens-là (agents du consulat) nous agressent et nous humilient ». Cela doit changer, explique le président du MBDHP, car il y a des formes d’humiliation qui ne sont pas dignes de la France et les autorités burkinabè doivent prendre leurs responsabilités.
Un autre militant du MBDHP recalé
Le président de l’Association pour le droit au logement et par ailleurs membre du MBDHP, a essuyé, lui aussi, un refus de visa. Le consulat évoque, selon lui, un problème de capacité financière pour prendre en charge son séjour. Pourtant, son ami qui l’a invité pour être le témoin du mariage de sa fille en France a, selon lui, donné toutes les garanties nécessaires. Il a même présenté des reçus de virement fait par son ami pour lui permettre de participer à l’heureux événement.
Abdoulaye TAO
Le Pays



