20e ASSEMBLEE GENRALE DES SOCIETES D’ETAT : La SONABEL, mauvais élève de la classe

jeudi 28 juin 2012

La vingtième session de l’Assemblée générale des sociétés d’Etat s’est ouverte le 28 juin 2012 à Ouagadougou sous la présidence du Premier ministre Luc Adolphe Tiao, représentant le président du Faso, président de la session de l’Assemblée générale. Au total, ce sont 15 sociétés d’Etat qui prennent part à cette session et dont 12 verront leurs rapports évalués et les trois autres en sont exonérées. L’une présentera un rapport circonstancié alors que les deux autres participent à titre d’observatrices. En somme, les chiffres sont en baisse. La SONABEL et la SONABHY ont fait de « mauvais chiffres d’affaires. »

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En l’absence du président de l’Assemblée générale des sociétés d’Etat, le chef de l’Etat Blaise Compaoré, c’est le Premier ministre Luc Adolphe Tiao qui a présidé la cérémonie d’ouverture de la 20e assemblée générale. Luc Adolphe Tiao, en prononçant le discours d’ouverture, s’est voulu rassurant malgré des chiffres pas très encourageants de certaines grandes sociétés.

L’Agence des travaux d’infrastructures du Burkina (AGETIB) créée en 2010 et qui a mis en place son conseil d’administration en 2011, présentera un rapport circonstancié. Quant à l’Agence de conseil et de maîtrise d’ouvrage déléguée en Bâtiment et aménagement urbain (ACOMOD) qui vient de mettre son conseil d’administration en place et la Société d’exploitation des Phosphates du Burkina (SEPB) dont le directeur général vient d’être nommé, elles seront de simples observatrices. Au cours de la 20e Assemblée, ce sont les rapports d’activités clos au 31 décembre 2012 qui seront évalués. Mais il convient de noter que ces rapports connaissent une particularité car ils ont été marqués par des facteurs nationaux que sont la crise sociopolitique que le pays a connue au premier semestre de 2011 et la capricieuse pluviométrie, origine des déficits hydrique et céréalier.

En plus desdits facteurs, d’autres exogènes ou internationaux ont affectés les activités des sociétés d’Etat du Burkina. Le Premier ministre a cité, la hausse du prix des produits pétroliers sur le marché international, la crise de la dette en Europe, et la crise ivoirienne. Pour Luc Adolphe Tiao, « au-delà de nos sociétés d’Etat, ce contexte a joué négativement sur notre économie ». Il en veut pour preuve, la baisse du taux de croissance de l’économie qui est passé de 7,9% en 2010 à 5,2% en 2011. En dépit de tout cela, Luc Adolphe Tiao a fait remarquer que « les résultats atteints en 2011 sont forts encourageants » à l’exception de la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) qui a réalisé des résultats déficitaires. Cela n’a pas empêché le chiffre d’affaires global d’augmenter de 14,14% entre 2010 et 2011.

Une baisse imputable à la SONABEL Selon le rapport synthétique présenté aux membres de l’Assemblée de la 20e session, le résultat d’exploitation et le résultat net sont en baisse suite aux contre-performances de la SONABEL et la SONABHY. Pour la SONABHY, même si ses résultats restent positifs en 2011, ils ont tout de même connus une baisse. Ces résultats négatifs d’exploitation et nets de ces deux grandes sociétés sont respectivement de 11,813 milliards et de 15,171 milliards de F CFA pour l’année d’évaluation. Le secrétaire technique de la session de l’Assemblée générale, Gnessa Bernard Zougouri, lors de la lecture du rapport, a laissé entendre que « contrairement à l’exercice précédent où toutes les sociétés d’Etat étaient bénéficiaires, » c’est la SONABEL seule sur les 15 sociétés qui a fait un déficit.

Cependant, souligne le rapport, le chiffre d’affaires global a connu une hausse de 17,44 % entre 2010 et 2011 passant à 691,531 milliards en 2011 pendant que cette hausse était de 7% seulement entre 2008 et 2009. Si l’année 2011 a connu des difficultés pour notre pays, celle à venir présente déjà des inquiétudes, à en croire les mises en garde de la Banque mondiale. Selon un de ses derniers rapports, dira le Premier ministre, la Banque mondiale prévoit un ralentissement de la croissance surtout au regard de la crise qui sévit en Europe et « l’incertitude géopolitique qui pèse sur le marché pétrolier. » Il urge de prendre les dispositions qui s’imposent afin d’anticiper.

Luc Adolphe Tiao a appelé les acteurs à prendre « des mesures innovantes et résolument orientées vers le renforcement de la cohésion sociale au sein des structures ainsi que la recherche permanente de l’efficacité et de l’efficience. C’est maintenant où jamais qu’il faudra faire sortir les grandes stratégies, celles claires, ambitieuses et susceptibles » de faire des entreprises burkinabè, des entreprises internationalement compétitives.

Aimé NABALOUM

Le Pays

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