Lefaso.net : Du 26 au 29 juin 2012, il sera célébré le 3e anniversaire de l’inscription des Ruines de Loropéni sur le Patrimoine mondial pour l’Unesco. Quelles sont les activités inscrites au programme de la célébration ?
Lassina Simporé : Nous avons prévu un cross-relais Dagbola-Loropéni qui aura lieu le 26 juin 2012 à 8h à Loropéni. Ce cross va regrouper toutes les forces de défense et de sécurité du pays. Il y aura aussi la finale de la coupe du Conseil municipal, le 26 juin à Loropéni à 16h. Nous avons décidé de réfléchir sur certains thèmes essentiels à la promotion des sites touristiques au Burkina Faso. Pour cela, il y aura un colloque international sur le thème « lieux et enjeux de mémoire dans le Sud-ouest du Burkina Faso », le 27-29 juin 2012 à L’ENEP de Gaoua et un pot du chercheur sur le thème « le rôle des Sciences sociales au développement du Burkina Faso », le 30 juin à l’ENEP de Gaoua.
A quoi répond la célébration quasi-grandiose des 3 ans d’inscription des Ruines de Loropéni sur la liste des Patrimoines de l’Unesco ?
Le 3e anniversaire de l’inscription des ruines correspond au 40e anniversaire de la Convention de 1972. C’est donc un double anniversaire que nous fêtons avec le sport et des activités scientifiques. Nous en avons profité pour rattraper quelque retard sur certaines de nos obligations notamment celles en matière de recherche ; d’où le colloque dont nous avons fait cas plus haut.
Cela fait trois ans que les Ruines de Loropéni sont inscrites au patrimoine mondial pour l’UNESCO. Qu’est-ce qui a fondamentalement changé sur le site ?
img31354|left>Nous avons essentiellement 3 missions. Il s’agit de la protection du site, de sa mise en valeur et de la gestion des visiteurs. S’agissant de la protection du site, la loi 24-AN portant protection du patrimoine culturel, a été votée à la faveur de l’élaboration du dossier d’inscription des ruines sur la liste du patrimoine mondial. En dehors de l’ordonnance de 85-049/CNR/PRES, ce type de loi qui n’existait pas dans notre pays depuis les Indépendances. En décembre 2011, une Direction des sites classés patrimoine mondial a vu le jour au sein du ministère de la Culture et du Tourisme ainsi qu’un programme de stabilisation pour la protection physique des ruines.
Concernant la mise en valeur du site, de nombreux articles scientifiques et de vulgarisation ont été rédigés et de nombreuses conférences ont été orgnaisées au plan national et international. Il y a également la conception des plans d’aménagements des infrastructures d’accueil sur le site et d’aménagements dans la commune de Loropéni. Des étudiants de l’Université de Ouagadougou et d’autres instituts de formation ont consacré de nombreux mémoires de maitrise (université) ou de fin d’étude (ENAM) au site.
Pour agrémenter les visites sur le site, il a été conçu des plans d’aménagement des infrastructures d’accueil sur le site (Billetterie, musée de site, salle de conférence, logement pour chercheurs, etc.), un circuit de visite. Des guides formés à l’ENAM ont également été affectés sur le site. Nous avons également initié le renforcement des capacités des guides locaux et la mise de la signalétique à distance, etc.
De quels avantages jouit le Burkina avec ce site inscrit au Patrimoine mondial ?
Il y a un motif de fierté d’avoir un site du patrimoine mondial sur son territoire. C’est une preuve que le pays a eu des ancêtres qui ont laissé un héritage très important pour l’humanité. C’est une preuve que le pays a aussi des professionnels du patrimoine qui peuvent remplir le format de l’Unesco qui n’est pas une mince affaire. C’est une preuve aussi que le pays a des chercheurs de qualité qui ont pu démontrer le caractère exceptionnel du site de Loropéni à travers leurs recherches dans le monde. On peut aussi dire que c’est une preuve de l’engagement du pays à respecter la Convention de 1972, sur les questions de protection et de sauvegarde du patrimoine culturel…
Patrimoine mondial pour l’Unesco, les Ruines de Loropéni ont certainement des mutations positives à effectuer. Que faut-il faire pour que le site soit très visité ?
Il va falloir construire les infrastructures d’hébergement et de restauration prévues par l’Etat et par les promoteurs privés, prendre des mesures d’incitation au tourisme pour les Burkinabè et élaborer un programme d’attraction pour la ville de Loropéni.
Comment se passe la cohabitation avec les populations riveraines du site ?
La population contribue à la protection et à la gestion du site. Pour la protection, elle lutte contre les feux de brousse et les coupes abusives des arbres de la zone tampon, plante des haies vives pour délimiter la zone tampon.
Du point de vue de la gestion, elle est membre du comité de gestion à travers les associations et à travers les conseillers municipaux.
Propos recueillis par Jacques Théodore Balima
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