Certains, pour " mieux se positionner " ont vite fait de confondre la tête de Me Sankara, chef de file, à cette institution de la république ou ont trouvé un prétexte de rester ailleurs pour voir clair dans toute sorte de " gombo ". Ils indexent leur " incompatibilité " avec l’homme du parti de l’œuf qu’ils n’arrivent pas à convertir au rôle qu’il assume. Dans ce mic-mac politique, il faut regarder chacun avec sa marque de fabrique. Dans la classe politique burkinabè, ils sont nombreux, ces politiciens, à être né par simple goût de style que par amour de politique. Et quand c’est ainsi, bonjour le suivisme, le mimétisme, le minimalisme pour une scène politique médiocre. Aucune initiative, si ce n’est de profiter des interludes politiques.
Ces " gars " dont les comportements montrent un refus d’eux-mêmes de compter sur leur propre individu. Il y a ensuite cette autre race formée de politiciens sans éthique. Ceux-là, au moindre vent hostile à leur vision, à leur démarche, abdiquent ou changent de direction. Ils ont la fine bouche quand ils sont du côté de là où les populations applaudissent. Ils aiment chapoter les titres de gloire mais fuir les critiques et les insuffisances. Ça ressemble vraiment à du " proxénétisme " d’opinion, à de la " traîtrise " politique. En même temps, ce sont eux qui, tout en voulant aussi " voir clair " de chaque côté, ne veulent assumer, endosser aucune responsabilité. Ils se dérobent des insuffisances du pouvoir quand ça chauffe et prennent une part active aux côtés de l’opposition qu’ils vont ensuite bouder pour les premiers quand il y a des actions positives.
Quel alimentarisme ? Malheureusement, elles empiètent sur cette autre catégorie qui accepte s’assumer mais dont les moyens ne permettent pas toujours d’assurer pleinement ses rôle et statut ou souvent même mal comprise par les populations. Dans ce dernier cas, ce peut-être l’effet de la politique adverse ou du fait des comportements des deux catégories sus énumérées. Dans un tel climat, il va de soi que l’institution de chef de file d’opposition paie cache. Du coup, on ne peut s’empêcher de croire également que c’est une coquille vide qui a été remise à Me. Si non, par le même réflexe qui a prévalu à la suspension de partis et formations politiques pour non respect des textes, tant applaudie par l’opinion, l’administration pouvait être intransigeante sur cette question.
Celui qui se réclame de l’opposition doit se déclarer auprès de l’institution. Pas parce que c’est X ou Y qui pilote mais tout simplement parce que c’est une loi de la république. Celui qui ne veut pas de l’homme à la tête de l’institution n’a qu’à se battre pour occuper le premier rang à l’issue des élections ! On doit donc retenir simplement que cela ne tient pas à une question d’individu qu’à un manque d’idéal et à un égocentrisme. Aussi même que certains de ceux qui se sont déclarés derrière le chef de file font fi des " mots d’ordre " de l’institution quand ça les arrange ! Quand on choisit son camp, c’est qu’on l’a fait avec son cortège de conséquences : avantages et inconvénients.
On ne peut pas y prendre seulement les avantages car c’est un tout. Celui qui est incapable de contribuer au respect de lui-même, en tant que personnalité politique, censée lutter pour la conquête et l’exercice du pouvoir à travers un choix qu’il assume est tout simplement, au bas mot, un plaisantin politique. Les valeurs démocratiques recherchées à travers l’institution sont bien au-delà des clivages personnels traditionnels. Ces valeurs dont ils doivent toujours être le garant.
Kader PALENFO
Le Progrès, Bimensuel d’informations générales




