"Allô. Bonjour ! Je suis un usager de l’Avenue Maurice Yaméogo, sise au quartier Koulouba, et je constate que depuis quelque temps l’éclairage public y est défaillant par endroits. Je souhaite donc savoir ce qui explique cela." Ce bout de communication téléphonique adressée à la Direction régionale de la SONABEL du Centre a eu réponse au bout de trois transferts. Une fois en contact avec la standardiste du Service dépannage (service censé fournir des éléments de réponses), voilà ce qui en est ressorti en guise de réaction : " Patientez… Ils sont sortis. " Et moi de réagir : " Cela veut dire qu’il n’y a personne pour me renseigner ? " - "Oui !"…
Quelques renseignements pris auprès de personnes riveraines de cette avenue, il a été rapporté qu’il y aurait eu entre temps des travaux dans la zone. Cette hypothèse ne tient pas la route puisqu’aucun signe de chantier n’y est visible. A cela s’ajoute la nature du tableau qu’on peut dresser de la situation. En effet, entre la clinique Philadelphie et la limite de l’avenue marquée par le feu tricolore près du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, on compte treize (13) lampadaires électriques. Sur les 13, 7 sont non fonctionnels la nuit ; un lampadaire s’est transformé en jeu de lumière, 5 sont fonctionnels dont la lumière de 2 est carrément réduite du fait des feuillages des arbres concomitants. Les exemples similaires à travers certaines artères de la Capitale Ouagadougou sont légion et font dire que le suivi des installations n’est pas permanent ou n’est pas rigoureux tout simplement. L’avenue baptisée du nom du premier président de la Haute-Volta, actuelle Burkina Faso, feu Maurice Yaméogo, mérite meilleure attention. Au-delà de l’image de la personnalité qui l’honore, ce bout de route mal éclairé la nuit présente des risques réels d’accidents de la circulation, aggravés en cela par le mauvais état du goudron. Quelque chose doit être fait afin de redonner à cette avenue toute la valeur historique dont elle est empreinte. Le ministre des Mines, des carrières et de l’énergie, Salif Lamoussa Kaboré, alors ancien Directeur général de la SONABEL, disait en substance ceci : " Si communiquer sert à construire son image d’entreprise, bien communiquer vise à s’attacher une image positive en veillant à la satisfaction de la diversité des publics, à la pluralité des messages émis par et sur l’entreprise (…) nous nous efforcerons, autant que faire se peut, d’œuvrer à mettre à la disposition de nos différents partenaires cibles les informations et outils nécessaires à la satisfaction de leurs besoins. "
Cette manière de voir et de faire constitue l’une des meilleures pratiques que toute entreprise, publique ou privée, doit employer pour faire preuve de sa responsabilité sociale envers les populations vues comme sa cible prioritaire. Alors, la SONABEL devrait faire en sorte de communiquer, et surtout de bien communiquer avec non seulement ses clients mais aussi avec toutes les populations que ses actions touchent d’une manière ou d’une autre. En termes de perspective, "… Le taux d’électrification visé pour l’année 2015 est de 60%. Actuellement il est d’environ 20%. Un tel pari demande de la part de la SONABEL, des investissements à planifier dans le temps, pour satisfaire la demande d’énergie électrique dans les centres existants et l’électrification de nouveaux centres ", peut-on lire sur le site web de la Société nationale d’électricité du Burkina. Vivement que ces efforts d’électrification du pays ne se fassent pas en marginalisant le bon entretien des équipements déjà installés.
Hermann GOUMBRI
Le Progrès



