TRAVAUX DE RÉHABILITATION DE BARRAGES : Pour passer de l’agriculture pluviale à la production irriguée

lundi 7 mai 2012

Le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, Laurent Sedogo, a lancé les travaux de réhabilitation de sept barrages, le samedi 5 mai 2012 à Yaongho, un village de la commune rurale de Dargo dans la province du Namentenga.

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D’un coût total de 1,5 milliard FCFA, les travaux de réhabilitation lancés le samedi 5 mai 2012 vont concerner 7 barrages de 4 régions du Burkina Faso. Il s’agit des barrages de Solomnoré, Guibaré et Yaongho dans le Centre-nord, ceux de Sourgou et de Nabdogo dans le Centre-ouest, les deux autres sont de Boussouma dans le Centre et de Boudiéri dans l’Est. Pour le ministre de l’Agriculture et de l’Hydraulique, Laurent Sédogo, la réhabilitation des barrages répond au souci de la maîtrise de l’eau, avant tout fondamentale dans les politiques et stratégies de développement de l’agriculture.

La mobilisation des ressources en eau, a-t-il encore expliqué, représente le préalable qui donne la plus value aux autres facteurs et techniques de production. « La crise alimentaire que nous vivons en ce moment, a au moins ceci d’instructif qu’elle nous révèle encore à quel point notre système actuel de production reste vulnérable aux aléas climatiques et tributaires des pluies », a fait savoir le ministre Sédogo. Ainsi, de son avis, le déficit alimentaire de la dernière campagne interpelle tous les acteurs à un passage d’une production pluviale à la promotion de l’agriculture irriguée dans les zones où il existe des potentialités.

Le gouvernement conscient de cette nécessité a prévu près de 500 milliards pour la maîtrise de l’eau et des aménagements agricoles. Une somme faisant partie des 1230 milliards de FCFA destinés à la mise en œuvre du Programme national du secteur rural (PNSR). Dans la même veine, le premier responsable de l’Agriculture a précisé que son département a élargi son champ de prospection et d’études à toutes les zones qui présentent les conditions géomorphologiques de réalisation de barrages, de petites retenues d’eau... Et cela pour mobiliser les ressources en eau pouvant servir à une irrigation totale en saison sèche ou à des irrigations d’appoint en saison des pluies.

La bonne gestion des barrages

Mais pour Laurent Sédogo, si ces 7 barrages ont subi les contrecoups des changements climatiques à travers les inondations, leurs gestions nécessitent un changement de comportement de la part des populations. « Je voudrais inviter le monde rural, en particulier les acteurs chargés de la gestion de l’eau à mieux se mobiliser pour le maintien d’une discipline très rigoureuse autour des retenues d’eau et des aménagements agricoles », a-t-il martelé. Et de poursuivre : « Ceux qui exploitent dans le lit du barrage doivent désormais respecter la zone de servitude car rien ne sert de mobiliser des milliards pour réhabiliter des barrages et que dans quelques années ils soient ensablés ».

Le ministre a aussi interpellé les trois entreprises qui ont en charge la réhabilitation des 7 barrages en les invitant à livrer de bons ouvrages réalisés dans les règles de l’art et dans le délai. Car, a-t-il affirmé, réhabiliter un barrage, c’est lui donner une nouvelle vie et non un sursis à sa dégradation. L’opération de réhabilitation s’inscrit dans le cadre du projet : « Réduction de la vulnérabilité des petits barrages aux changements climatiques et le renforcement de leur contribution à la sécurité alimentaire » financé par le royaume de Suède à hauteur de 7 milliards 300 millions FCFA. Selon le chargé d’affaire à l’ambassade de Suède au Burkina, Owe Anderson, l’état de mise en œuvre du projet, à ce jour, montre que son premier objectif s’exécute normalement malgré des retards accusés en 2010.

Pour lui, ces progrès sont lents à cause de la nécessité de mettre à jour les études de faisabilité des barrages concernés en y intégrant la dimension des droits humains et la valorisation des systèmes d’irrigation. En outre, M. Anderson a tenu à encourager le Fonds de l’eau et de l’équipement rural (FEER), structure pilotant le projet, à relever ce défi le plus tôt possible afin de garantir son succès. « Je reste optimiste quant à la poursuite de notre coopération qui, en dehors du secteur de l’eau, couvre aussi l’appui budgétaire, la santé, l’éducation et l’environnement », a-t-il rassuré.

Et de conclure, comme on le dit en beauté : « la priorité que vous accordez à l’eau pour la production agricole sera soutenue par la Suède ». La visite du barrage de Yaonghin (d’une capacité de 1 ?895 ?000 m3) en pleine réhabilitation et le lancement officiel des activités par le ministre Sédogo ont mis fin à la cérémonie.

Nombamba Didier OUEDRAOGO

Sidwaya

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