Burkinabè, Saint-Martinois … même combat !

vendredi 13 avril 2012

Du copié-collé, c’est ainsi qu’on peut qualifier le discours d’investiture du président du conseil territorial de Saint-Martin (assemblée délibérative unique gérant la collectivité d’outre-mer de Saint-Martin « Antilles françaises »), Alain Richardson, prononcé le dimanche 1er avril dernier. Ce dernier a littéralement plagié la déclaration de politique générale écrite et prononcée en novembre 2011 par le premier ministre Burkinabè Luc Adolphe Tiao. Un plagiat que Google n’a pas pardonné. Conséquence, Alain Richardson a limogé son directeur de cabinet, Alex Richards qu’il avait chargé de rédiger son discours.

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Depuis jeudi, l’affaire fait trembler les murs de la collectivité et s’emballer les moteurs de recherches sur Internet. Nombreux sont ceux qui cherchent à savoir ce qui s’est réellement passé dans cette histoire de plagiat... car plagiat il y a. Le Saint-Martin’s Week a investigué et voici ce que nous pouvons dire de cette affaire à l’heure où nous mettons sous presse :

Oui, le discours de politique générale prononcé par Alain Richardson le jour de son installation à la présidence de notre COM, dimanche 1er avril dernier, est à 90% similaire à celui prononcé par le 1er ministre du Burkina Faso, Luc Adolphe Tiao, en novembre 2011, lors de sa propre investiture. Cette affaire fait grand bruit car elle déstabilise dès sa mise en place, la nouvelle mandature de la COM...

Alors pour couper court à « la polémique » qui enfle en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Alex Richards, qui vient d’être nommé directeur de cabinet le matin même, envoie un communiqué (à l’entête de la COM) aux médias jeudi matin, dans lequel il qualifie cette affaire « d’épiphénomène », tout en expliquant que le groupe RRR avait choisi l’option « de faire appel à un expert en communication politique pour la rédaction du discours du Président Richardson ». Une démarche que monsieur Richards juge « habituelle chez les leaders politiques ». Il révèle ensuite avoir sollicité les services d’un certain Pierre Marssin, spécialiste en communication.

Pour le directeur de cabinet, il n’y a pas de plagiat, mais tout au plus « des similitudes », dans la mesure où ce Monsieur Marssin a, lui-même, rédigé le discours du 1er ministre Burkinabè, quelques mois auparavant. Il estime enfin « que certains se sont emparés de cette affaire pour des raisons bassement politiciennes », ajoutant que « les polémiques stériles n’ont pas leur place dans la feuille de route du RRR, qui préfère mettre toutes sesforces dans le développement des thèmes qui intéressent la population, l’emploi, le pouvoir d’achat, l’économie, la sécurité, etc., ».

Sur ce dernier point, le Saint-Martin’s Week n’a pas de doute, car effectivement le président Richardson et ses vice-présidents sont au travail depuis lundi et démontrent une réelle motivation à apporter le changement tant attendu.

L’affaire du plagiat, c’est autre chose... Visiblement, elle ne concerne pas Alain Richardson, qui selon nos sources a été le premier surpris lorsqu’il a compris que son discours avait été copié collé... Désormais, la question est : « a t-on osé mentir aux St Martinois, et trahir au passage le nouveau président ? »

Recherche Pierre Marssin désespérément...

Perplexe d’apprendre que le RRR avait fait appel à une éminente plume extérieure pour rédiger le discours de politique générale du président, le Saint-Martin’s Week a mis tout en œuvre pour contacter le fameux Mr Marssin. Le dir cab injoignable, la première mission des journalistes fut de rechercher sur Internet le curriculum vitae de ce grand spécialiste. Et là, surprise ! Consternation aussi : cette éminence grise rompue à l’écriture de discours politiques en France Afrique est inconnue au bataillon ! Rien, nada, nothing, à se mettre sous la dent... Il existe cependant en France plusieurs personnes dénommées Marsin, Marcin, ou encore Marsein, dans l’annuaire.

Notre journaliste les contacte : personne ne répond à la description. Pierre Marssin est également inconnu à l’université de Paris Nanterre, où il est censé enseigner son art. Un collègue qui s’intéresse à l’étymologie des noms de famille nous fait au passage remarquer que le nom Marssin avec deux S n’est pas une orthographe historique française ; même le correcteur d’orthographe de nos Mac le corrige instantanément en ôtant le S de trop... Pourtant, Pierre Marssin a une page Facebook créée tout récemment, le 20 mars 2012 exactement. Il y est indiqué qu’il est né le 20 novembre 1961 et qu’il a étudié à l’université Antilles Guyane (promotion 1988). Il n’y a pas sa photo et son seul ami est... Alex Richards.

Dans la matinée, Pierre Marssin se manifeste enfin sur la toile saint-martinoise, il explique sur le site web SXM Info ne pas se trouver sur l’île, mais avoir eu vent de l’histoire (?!). Il est scandalisé par l’accusation de copier-coller. L’adresse IP qui a servi à envoyer ce message proviendrait pourtant de la Caraïbe...

Dans l’après-midi, un certain D.M, consultant politique qui opère sur une chaîne de télé guadeloupéenne, envoie un mail bien étonnant au nouveau directeur de cabinet, Alex Richards. Un mail de félicitations pour sa nouvelle nomination, qu’il ne manque pas d’adresser en copie aux journalistes de la place. Why ? Parce qu’il en profite au passage pour légitimer l’existence de Pierre Marssin, en disant reconnaître sa prose dans le discours du président Richardson. Il finira par avouer un peu plus tard qu’il ne l’a jamais rencontré... Bref.

Ce Pierre Marssin existe t-il ? Nous en doutons, car après de longues recherches, nous n’avons trouvé aucune preuve réelle de son existence... Reste à espérer qu’il se manifeste pour que nous puissions enfin l’interroger. Car si mensonge sur son existence il y a, cela en dit long sur la capacité de certains à mentir en toute impunité à la population...

Pierre Marssin : un illustre inconnu au Burkina Faso

« Pierre Marssin a écrit le discours du 1er ministre Tiao », écrit Alex Richards dans son communiqué. Le Week embarque donc pour le Burkina Faso via le Net et entre rapidement en contact avec Cyriaque Paré, journaliste reconnu à Ouagadougou. Et là bingo, Mr Paré est un proche du 1er ministre Tiao, il nous répond l’impensable...

Voici l’intégralité de sa réponse écrite qu’il nous a autorisé à publier : « J’étais le directeur de la communication de Luc Adolphe TIAO au moment de sa déclaration de politique générale (voir sur : http://www.lefaso.net/spip.php?article47308). À ce titre, j’ai participé à la rédaction de la DPG (discours de politique générale). J’ai échangé avec M. TIAO après votre mail et il confirme qu’il ne connaît pas M. Marssin. Cordialement, Cyriaque Paré, www.lefaso.net ».

Précisons que contrairement à Pierre Marssin, nous avons pu vérifier en un clic le cursus du journaliste Cyriaque Paré : aucun doute sur sa légitimité professionnelle et la véracité de ses propos.

D’autres recherches, au Sénégal notamment, où Pierre Marssin louerait en ce moment ses services au nouveau président Malky Sall, nous ont amenés à conclure que personne ne le connaissait là-bas non plus. Et quand bien même Pierre Marssin sortait tout à coup du chapeau, peut-on sérieusement confier à une personne extérieure au contexte de notre île (en pleine crise économique) la rédaction d’un discours crucial censé poser la politique des 5 prochaines années ? Cela ne tient pas la route.

Le discours de notre président a donc été plagié, puisque le 1er ministre Tiao a, lui-même, écrit son discours avec ses collaborateurs, comme cela se fait dans tous les gouvernements du monde lorsqu’il est question de préparer une intervention de politique générale. De là à penser qu’après le plagiat du schéma touristique de la Nièvre en décembre 2006, l’histoire se répète une deuxième fois... Il n’y a qu’un pas. Mais ne vendons pas la peau de l’ours... même si le deal est tentant... Car le rédacteur du RRR semble rompu à l’exercice : plusieurs textes parus sur le site officiel du groupe sont inspirés de discours prononcés par des élus nationaux... « Tous les politiques font cela », entend-on... C’est d’ailleurs arrivé tout récemment encore à Saint-Martin où un collaborateur du groupe Team Gibbs cette fois avait utilisé le fameux copier coller pour une publication... Décidément Saint-Martin manque d’inspiration...

Alain Richardson mérite t-il que sa mandature débute par un tel scandale ? Certainement pas. Aurait-il dû se montrer plus vigilant à la lecture de son discours ? Certainement que oui. Mais, avoir confiance en son équipe est une condition sine qua non lorsqu’on est le président d’un territoire. Alain Richardson vient de prendre sa première grande décision de président, afin de placer sa mandature sous le signe de la transparence. Par cette décision radicale, il souhaite mettre un terme définitif à cette affaire, afin de pouvoir enfin se concentrer pleinement sur sa mandature et prendre à bras le corps les véritables problématiques du territoire.

Une affaire à suivre... N.L.

Antoine W Dabilgou (Lefaso.net) avec St martin’s week et jabiru-blog.com


TEXTE ORIGINAL

Monsieur le Président, Honorables Députés,

C’est à la fois un grand honneur et un agréable devoir pour moi, de présenter à votre auguste Assemblée ma déclaration de politique générale, conformément aux dispositions de la Constitution.

Au-delà du symbolisme, je mesure toute la valeur que revêt cet exercice républicain auquel je me prête pour la première fois. Il me donne l’occasion de vous dérouler ma feuille de route dans la perspective de la réalisation du Programme politique du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE : « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent » qu’il a conclu avec le peuple burkinabé en novembre 2010, pour cinq années de labeur. 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,

Dans un contexte international de récession économique qui ne dit pas son nom, et dans un contexte national de sortie progressive de crise, où les attentes sont toujours fortes, le temps est compté. Et cela, sur les niveaux individuel, catégoriel, communautaire et national.

Aussi, voudrais-je reposer ma philosophie d’action sur trois lignes directrices :

- la réflexion axée sur l’innovation et le respect de nos valeurs communes ;

- la concertation large, ouverte et, conséquemment, non sectaire ;

- l’action collective continue ayant pour moteur, l’intérêt général.

C’est ce viatique qui tient tout particulièrement à cœur le Chef de l’Etat, que je continuerai de partager avec mon équipe ainsi que les millions de filles et de fils de notre pays qui savent, dans les moments difficiles, faire preuve de sursaut patriotique et républicain. ….

Dans le même temps, nous avons pleinement conscience que les défis qui sont dans l’air du temps au Burkina ont pour noms : urgence, diligence et célérité.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,

C’est dans un contexte de crise jamais vécue par notre pays que le Président du Faso, son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE m’a fait l’insigne honneur de me porter à la tête du Gouvernement pour contribuer à restaurer l’autorité de l’Etat et la paix, et conduire sous sa clairvoyance et son leadership, la mise en œuvre de son programme quinquennal 2011-2015.

Je mesure à sa juste dimension à la fois le degré de confiance et de don de soi que requiert un tel niveau de responsabilité. Je voudrais, à nouveau, lui en savoir sincèrement gré en même temps que je prends l’engagement, au nom de toute l’équipe gouvernementale, d’œuvrer à l’atteinte des objectifs qu’il a bien voulu nous assigner.

C’est aussi le lieu pour moi de réitérer toute ma gratitude à tous ceux et à toutes celles qui ont œuvré avec esprit de suite et parfois dans l’anonymat pour le retour de la paix sociale de notre pays. J’exprime par la même occasion ma profonde reconnaissance aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, pour leur soutien multiforme dans l’optique de réussir le pari du développement avec le peuple burkinabè. J’appelle ici même tous les Burkinabè à un véritable sursaut d’orgueil pour la construction d’un Burkina de justice et de tolérance, prospère et toujours rayonnant. 

Monsieur le Président, Honorables Députés,

…. Des avancées significatives ont été enregistrées durant ces quatre dernières années. Je voudrais féliciter mon prédécesseur, Son Excellence Monsieur Tertius ZONGO, et l’équipe gouvernementale qu’il a dirigée, pour le travail abattu. Mais d’importants défis demeurent encore et ont été davantage mis en évidence par la crise qui a ébranlé récemment les fondements de la société burkinabè. Je rappellerai essentiellement :

- le défi de la gouvernance encore handicapée par des dysfonctionnements juridico-administratifs ;

- le défi de la lutte contre la corruption, la fraude, l’incivisme et l’insécurité du fait de la persistance de la pauvreté, de l’extraversion culturelle et de la perte des valeurs cardinales au sein de nos sociétés ;

- le défi du renforcement des capacités humaines et institutionnelles engendrant de faibles productivités du travail et des lourdeurs administratives en déphasage avec les exigences de célérité et de compétitivité qui caractérisent aujourd’hui la gouvernance des affaires ;

- le défi d’une jeunesse qui revendique légitimement son droit à contribuer au développement du pays ;

- le défi des femmes qui, fières d’exercer leur fonction de procréation revendiquent leur place dans la vie politique nationale et de voir leurs diverses contributions prises en compte de manière explicite dans la comptabilité des richesses nationales ;

- le défi de l’amorce véritable de la transition démographique du fait du niveau encore élevé de la fécondité et d’une mortalité en baisse continue ;

- enfin, le défi même des ruptures à opérer pour transformer notre modèle économique afin de relancer la croissance sur une base saine, pro-pauvres et durable.

Les perspectives pour relever l’ensemble de ces défis, sont toutes tracées dans le projet de société du Président Blaise COMPAORE : « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent ». De manière explicite, il s’agit pour lui, je cite : « …de bâtir une société confiante et déterminée, portée par ses énergies endogènes, fortifiées par les opportunités de l’ouverture sur le monde. La liberté, le dynamisme, la quête permanente de l’excellence, le partage, la solidarité et le consensus constituent des éléments clés pour converger vers cette vision. » Fin de citation. Quatre impératifs sont mis en exergue. Il s’agit de :

- la confiance aux capacités endogènes comme facteurs de progrès et d’émancipation ;

- la culture de l’excellence et de la compétition pour tirer un meilleur profit des opportunités qu’offrent la régionalisation et la mondialisation ;

- l’inculcation des valeurs de partage, de solidarité et de consensus en tant que facteurs de cohésion sociale ;

- le renforcement continu de la démocratie par la promotion des libertés collectives et individuelles.

Bien évidemment, toutes ces préoccupations ont préfiguré les quatre axes directeurs du nouveau programme politique du Président du Faso, à savoir :

- premièrement, la consolidation de l’investissement humain,
- deuxièmement, le développement institutionnel et la gouvernance,
- troisièmement, les leviers de l’émergence,
- quatrièmement enfin, les dynamiques nouvelles pour l’économie.

La stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) qui est désormais le référentiel de notre politique de développement et que le Gouvernement a élaboré avec l’appui des partenaires techniques et financiers (PTF) s’inscrit bien dans cette vision dont la réalisation devra jeter les bases de l’édification d’une économie émergente à l’horizon d’une génération. A cet effet, pour les années à venir, l’action gouvernementale devra s’organiser autour de 05 pôles de concentration entretenant de solides interrelations :

- le pôle du renforcement de la gouvernance ;

- le pôle du renforcement des piliers de la croissance ;

- le pôle de la consolidation de l’investissement humain ;

- le pôle de l’intégration des thématiques émergentes dans les stratégies de développement ;

- le pôle du renforcement de la coopération internationale et de l’intégration régionale, de réhabilitation et du rayonnement de l’image du Burkina Faso et son leadership mondial.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

I. Le renforcement de la gouvernance

… Le renforcement de la gouvernance est une préoccupation constante du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE. Sa mise en œuvre avec succès, s’appuie sur une démarche progressive soumise à de constants réajustements.

Prenant acte de ces recommandations, le Président du Faso a invité tous les Burkinabè à contribuer à la réussite des réformes politiques indispensables à l’approfondissement de la démocratie et à l’accélération du processus d’édification d’un Burkina de paix et de prospérité partagée.

- Monsieur le Président, Honorables Députés … ….

-Monsieur le Président, Honorables Députés,

La mise en place très prochaine de la Commission nationale des droits humains participe à l’éducation aux droits humains, à la protection des citoyens et à l’interpellation du Gouvernement sur les atteintes aux droits de la personne.

L’administration du territoire, dans le contexte de l’Etat de droit, exige de ses représentants à la tête des entités déconcentrées, un professionnalisme à toute épreuve, une exigence élevée d’impartialité et un sens du service public exemplaire. Ces exigences républicaines seront constamment prises en compte par le Gouvernement afin de garantir à l’ensemble des citoyens, sans exclusive, l’exercice des droits, devoirs et libertés prévus par notre loi fondamentale.

Ild’une véritable stratégie nationale de prévention, de gestion et de résolution des conflits….

Monsieur le Président, Honorables Députés,

La décentralisation fait aujourd’hui l’objet d’une appropriation par les populations à la base et est un puissant vecteur pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Mais après deux décennies de mise en œuvre, le processus doit faire face à de nombreux défis dont les plus importants sont :

- d’abord la promotion de la participation citoyenne ;

- ensuite de celui la création effective de richesses, de biens et de services publics accessibles et de qualité pour vaincre la pauvreté ;

- l’émergence d’économies locales viables et de pôles de croissances capables de résorber le chômage des jeunes et d’assurer une formation professionnelle de qualité ;

- enfin les collectivités territoriales doivent être le lieu d’exercice privilégié de la démocratie locale et de la bonne gouvernance dans toutes ses composantes.

Le Gouvernement poursuivra avec ses partenaires au développement la réflexion sur l’amélioration du cadre institutionnel et légal ainsi que sur la construction d’une vision stratégique plus réaliste.

 La sécurité publique constitue un sujet de préoccupation majeure pour les Burkinabè. Le Gouvernement en fera un axe prioritaire parce qu’elle conditionne la paix sociale et le développement. …

Plusieurs plans d’actions seront conduits avec détermination pour ramener la sérénité propice au développement des activités génératrices de revenus et la tranquillité publique. Il s’agit en l’occurrence du plan d’action de lutte contre le grand banditisme, la criminalité organisée et le terrorisme, du plan d’action de lutte contre l’insécurité urbaine et les incivilités et du plan d’action de lutte contre les drogues.

La réorganisation de la couverture sécuritaire du territoire national entre la police nationale et la gendarmerie nationale constitue aujourd’hui une priorité de premier ordre. … La sécurité dans tous les cas ne peut être l’affaire des seuls services de police et de la gendarmerie nationale. Elle dépend de nombreux autres facteurs tels que : le niveau de conscience civique, la cohésion sociale, la qualité de la gouvernance locale, etc. Il s’agit donc d’une responsabilité collective. C’est pourquoi, il convient d’organiser un partenariat actif et permanent avec tous ceux qui, au plan local, sont en mesure d’apporter une contribution à la sécurité, notamment les leaders d’opinion et les acteurs de la société civile. La police de proximité constitue l’outil principal d’une politique de sécurité privilégiant l’éducation et la citoyenneté comme des axes de prévention, la proximité comme objectif de redéploiement de la police et de la gendarmerie et l’efficacité à travers une meilleure motivation des hommes, leur formation adaptée au contexte de l’Etat de droit et leur équipement conséquent.

Monsieur le Président, Honorables Députés, …


Honorables Députés,

En matière d’administration publique : les exigences actuelles du développement politique, économique et social dans le monde, astreignent les différentes administrations publiques à ne plus se complaire uniquement dans la réactivité mais à être désormais plus proactives. C’est bien dans cette perspective que le Gouvernement a adopté en juillet 2011, un plan stratégique de modernisation de l’Administration pour la période 2011-2020.

La finalité d’un tel plan est de promouvoir une administration capable de produire des biens et services de qualité susceptibles de contribuer au développement durable. A travers l’exécution de ce plan, le Gouvernement mettra l’accent sur :

- l’amélioration de l’efficacité et de la qualité des prestations par l’introduction au sein de l’Administration d’une logique de performance et d’une culture de résultat ;

- la valorisation et le renforcement des capacités des ressources humaines afin de les prédisposer à une meilleure appropriation des politiques publiques en vue de leur mise en œuvre réussie ;

- la promotion de l’accessibilité et la transparence dans l’administration publique pour une grande disponibilité des agents publics et la mise en place de mécanismes d’écoute ;

- la promotion de l’administration électronique dotée de matériel informatique et le renforcement des capacités des agents publics en matière de technologie de l’information et de la communication (TIC) ;

- le meilleur suivi de la gestion de la carrière des agents publics ; - la rationalisation des structures et des procédures administratives ;

- la promotion d’une déconcentration conséquente au service d’une décentralisation plus effective et porteuse de développement local par le renforcement des capacités des services déconcentrés.

Il s’agit de construire une véritable administration de développement, efficace, empreinte de l’esprit du service public et du principe de rendre compte à tous les niveaux ; une administration plus apte à assurer un accompagnement technique qui correspond aux aspirations des collectivités territoriales.

Monsieur le Président, Honorables Députés, ….

 … Les ambitions de développement sont grandes et légitimes. Mais vous convenez également ici avec moi que le secteur privé doit à l’horizon de la prochaine décennie, devenir le moteur du développement de notre pays. Le secteur privé est appelé à y jouer un rôle majeur,…

Les derniers événements sociaux qui ont jalonné la vie de notre pays ont ébranlé le moral des investisseurs. Il nous faut continuer de travailler d’arrache pied pour convaincre, pour rassurer que le Burkina Faso est toujours une terre de prédilection pour l’investissement et le secteur privé, véritable moteur de la croissance économique… Aussi, allons-nous travailler à juguler les lourdeurs et tous les dysfonctionnements, nos procédures judiciaires, administratives et financières dont se plaignent les opérateurs économiques.

C’est dans cette logique qu’il sera opéré la relecture de l’ensemble des textes réglementaires

 Il la mise en œuvre de la SCADD et l’organisation économique du Burkina Faso.

Le financement des entreprises demeure une préoccupation du Gouvernement. Le diagnostic unanimement partagé fait ressortir des problèmes d’adaptation des ressources et des produits financiers des banques, d’importance des garanties et des productions documentaires exigées et de gouvernance des entreprises. Il nous faut trouver des solutions pour résoudre cette équation.

 A brève échéance, le Gouvernement procèdera à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie d’attractivité des investissements directs étrangers, rendue plus que nécessaire après les derniers événements qui ont terni l’image international de notre pays. ….

Cette stratégie impliquera plus d’actions de communication et de promotion dans les grandes places d’investissement mais aussi d’accompagnement des investisseurs qui s’établiront au Burkina Faso. …

Parallèlement à cette stratégie d’ouverture économique, le Gouvernement exercera un lobbying actif pour renforcer le positionnement de nos entreprises performantes dans la sous-région et…

Honorables Députés,

J’ai été long sur le développement du secteur privé parce que je reste convaincu qu’il demeure le véritable moteur de notre économie dont les orientations ont été tracées par Son Excellence Monsieur le Président du Faso.

III. La consolidation de l’investissement humain

Ce qui caractérise aujourd’hui le monde, c’est l’exacerbation de la concurrence. A cet égard, les économies qui accroitront leur compétitivité, sont celles qui tiendront leur soleil levant de l’horizon d’où émerge l’ « économie du savoir » et d’où pointent des ressources humaines de qualité. Le célèbre économiste américain Charles SOLUDO n’exagère-t-il pas cette vérité en relevant que le développement humain n’est pas seulement le pivot de la compétitivité, mais également le moteur de la croissance économique. La compétitivité et le développement humain déterminent 95% du produit intérieur brut (PIB). Cette grandeur confirme la justesse de la grande priorité donnée par le Président du Faso à l’investissement humain dans son programme politique « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent ».

La consolidation de l’investissement humain constitue le troisième pôle de concentration de l’action gouvernementale.

… L’éducation et la formation contribuent à l’amélioration de la qualité des ressources humaines, condition indispensable à l’édification d’une économie émergente. Par ailleurs, elles permettent d’éliminer les pesanteurs socioculturelles, de prédisposer les bénéficiaires à des changements de comportement et d’accroître leur adhésion aux ambitions de développement.

Le système éducatif burkinabè recèle de nombreux acquis en termes d’options de politique et d’innovations éducatives. Ces acquis mis en œuvre permettraient la réalisation d’un système éducatif de base dans une vision holistique en cohérence avec la SCADD dans la perspective des échéances de l’EPT et des OMD en 2015.

Selon la loi et nos aspirations profondes, l’objectif final de l’éducation est de « faire du jeune Burkinabè un citoyen responsable, producteur et créatif » et d’assurer son développement intégral et harmonieux, dans les quatre dimensions du savoir, du savoir être, du savoir-faire et du savoir vivre ensemble. Notre défi sera de répondre aux exigences du pilotage, de l’accès, du renforcement de la qualité et de la mobilisation des ressources du système éducatif de base.

Le document de « Réforme du système éducatif du Burkina Faso » proposée en mai 2006 et la loi d’orientation de l’éducation du 30 juillet 2007 fondent la politique éducative actuelle, en opérant des ruptures par rapport au passé au triple plan des principes, des structures et des contenus.

…. Tous les acteurs de l’éducation, l’Etat, le privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers sont invités à contribuer de manière multiforme à l’atteinte de cet objectif d’éducation de qualité.

Nous sommes conscients que toute rupture est un risque de perte d’équilibre. Rompre avec un équilibre de bas niveau de performance pour un équilibre nouveau de plus haute performance est une loi du progrès et du développement. Il faut s’engager dans cette voie.

… Un adage bien connu dit que la jeunesse est le fer de lance d’une nation.. Le Gouvernement se donne pour ambition majeure de répondre aux défis de cette jeunesse par une politique volontariste d’emplois et de formation professionnelle.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

… Notre ambition dans les années à venir est la mise en œuvre du Programme Spécial de Création d’Emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE).

Il est articulé autour de 05 axes composés d’actions ciblées pour chaque catégorie de jeunes (urbains, ruraux, jeunes diplômés) et pour les femmes.

- l’axe 1 constitué d’actions en faveur des jeunes chômeurs diplômés du Supérieur …

- l’axe 2 constitué d’actions en faveur des jeunes déscolarisés et non scolarisé

- l’axe 3 est consacré à la réduction du sous emploi des jeunes par le renforcement des capacités productives des jeunes ruraux.

- l’axe 4 exclusivement consacré à l’autonomisation économique des femmes.

 la formation professionnelle reste intimement liée à la création d’emplois et à l’amélioration des offres de service tant en ville qu’en milieu rural. Mon Gouvernement ambitionne de développer les compétences techniques et professionnelles des jeunes à travers un plan de généralisation de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

La santé est au cœur des préoccupations de nos populations. Le Gouvernement a adopté en juillet 2011 la politique nationale de santé et son plan opérationnel. Nous augmenterons la part du budget à ce secteur pour améliorer la santé des Burkinabè et accroître l’espérance de vie. Il s’agira de renforcer le système de santé pour lui permettre de tirer les meilleurs résultats possibles des investissements dans la santé. Pour ce faire, le Gouvernement s’attachera à mettre en œuvre son programme de réforme du système de santé. Les principales actions concerneront :

- la réalisation d’une prospective sanitaire en vue de mieux organiser le développement du système ;

- l’accroissement de l’offre de santé, notamment en milieu rural, en prenant en compte la médecine privée ;

- l’amélioration de la qualité des prestations sanitaires et de l’image des services de santé ;

- la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, les maladies tropicales négligées, les maladies émergentes et réémergentes ;

- la mise en œuvre du Cadre stratégique de lutte contre le VIH, le SIDA IST 2011-2015 ;

- - la promotion de la santé de la mère et de l’enfant ;

- le renforcement du système national d’information sanitaire, y compris la recherche ;

- l’amélioration de l’accessibilité financière aux soins de santé des groupes vulnérables.

… ….

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,

Les sports et loisirs constituent aujourd’hui des enjeux éminemment politique, social et économique. Sur le plan politique, ils sont de réels vecteurs de rapprochement des peuples et d’intégration régionale. Sur le plan social, ils contribuent au bien-être et renforcent la cohésion sociale. Sur le plan économique ils se positionnent comme de véritables industries génératrices d’emplois et de devises. Nous n’avons d’autres alternatives que de nous inscrire résolument dans cette vision.

-

Dans le cadre de la mise en œuvre du plaidoyer en faveur des loisirs, l’action phare sera l’organisation d’une journée nationale des loisirs. Il s’agit d’une journée d’information et de sensibilisation sur les bienfaits du loisir (rôles social, économique, éducationnel)….

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,

« Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux, qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et se disent pourquoi pas ? » écrivait Georges Bernard SHAW. Le développement durable n’est autre chose que la synthèse de ces deux perceptions. Il est un processus dynamique conduisant à l’amélioration du bien-être des humains. L’activité économique et le bien-être matériel demeurent essentiels mais la préservation de l’environnement, l’intégrité culturelle, l’égalité selon le genre, la dynamique démographique qui en assurent la durabilité, le sont tout autant.

Les luies diluviennes du 1er septembre 2009 et ses catastrophes qui ont marqué au plus profond notre conscience, montrent bien que les changements climatiques sont devenus une préoccupation à considérer en tant que composante essentielle de notre stratégie de développement. Dans cette perspective, le Gouvernement accordera la plus grande priorité à la mise en œuvre de la politique nationale d’environnement, à l’adoption d’un cadre normatif de la stratégie nationale de développement durable, à la création d’une structure d’administration et de management du développement durable en collaboration avec la société civile et le secteur privé. La finalité de toutes ces actions est d’aboutir à :

- l’atténuation de la dégradation des ressources naturelles et de l’environnement ;

- l’adaptation à la variabilité et aux changements climatiques ;

- la réalisation des aménagements paysagers et fauniques ;

- le renforcement de la gouvernance environnementale et des capacités des acteurs ;

- la promotion des énergies de substitution et renouvelables, des techniques et technologies d’économie d’énergie ;

- la promotion de l’éducation environnementale et de l’écocitoyenneté ;

- la promotion de la recherche environnementale.

Au-delà de la préservation et de la gestion des ressources naturelles, le développement durable, c’est aussi l’élargissement des opportunités d’accès des populations aux ressources et aux facteurs de bien-être dans l’équité.

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Je sais que vous vous demandez déjà quel est le coût total de la mise en œuvre de ce programme gouvernemental ? Comment sera-t-il financé ? Si une évaluation exhaustive n’est pas encore faite, je peux vous garantir que l’ensemble des actions énumérées ne sortent pas de l’évaluation de la SCADD. La stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) principal bras – ouvrier de l’action gouvernementale dans la perspective de la mise en œuvre du programme politique du Président du Faso « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent »

 Par ailleurs, pour relever le défi d’une croissance robuste respectueuse des principes du développement durable, le Gouvernement renforcera les mesures déjà entreprises dans le cadre de la promotion des valeurs de rigueur, de probité, de transparence et d’efficacité dans la gestion des affaires publiques. …

La diversification des sources de financement de l’économie et l’optimisation de la mobilisation des ressources budgétaires constituent un facteur permettant au Gouvernement de répondre aux besoins de financement du développement. De ce fait, les enjeux et défis du développement qui découlent de la mise en œuvre de la SCADD ont conduit le Gouvernement, en relation avec les PTF, à aller vers une stratégie nationale de mobilisation des ressources (SN-MR). Cette stratégie constituera l’instrument de référence dans le financement du développement durable du Burkina Faso….

Monsieur le Président, Honorables Députés,

Le renforcement de la coopération internationale, de l’intégration régionale, de la réhabilitation et du rayonnement de l’image du Burkina Faso et son leadership mondial

Abordant le dernier pôle e concentration de l’action gouvernementale, le renforcement de la coopération internationale, c’est avec une réelle et légitime fierté que je relève que depuis quelques années, le Burkina Faso a considérablement élargi le cercle de ses amis. Cela est l’aboutissement d’une politique d’ouverture de notre pays mais également de l’engagement des plus hautes autorités à intensifier la contribution du Burkina Faso au processus d’intégration sous-régionale et régionale ainsi que son implication constante dans le règlement des conflits en Afrique et dans le monde.

Pour poursuivre cette mission, le Gouvernement orientera ses actions vers :

- le renforcement de la participation du Burkina Faso dans les grandes instances internationales ;

-

- l’appui à la résolution des crises majeures ainsi que la lutte contre la criminalité transfrontalière, la prolifération des armes et des drogues ;

- la promotion de l’image du Burkina Faso sur le plan international. …

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,

Un penseur contemporain, Roger Martin du GARD écrivait, je cite : « Quand la vérité est libre et l’erreur aussi, ce n’est pas l’erreur qui triomphe » ; fin de citation. Tout comme disait Elberth HUBBARD « La plus grande peur que puisse faire un homme est d’avoir peur d’en faire une ».

Au terme de cette déclaration de politique générale, je voudrais reconnaître avec humilité l’ampleur de la tâche qui est d’abord celle de l’équipe gouvernementale que j’ai le privilège de conduire. Nous avons conscience que des erreurs d’appréciation peuvent apparaître dans la mise en œuvre de la politique générale du gouvernement. Des insuffisances apparaitront. Des prévisions pourraient être faussées. Des échecs peuvent survenir. Mais notre ambition et la foi en notre capacité à relever les défis restent intactes. Car, chaque fois qu’il le faudra, nous reconnaitrons nos erreurs et nous nous remettrons à la tâche. Cette tâche, Mesdames et Messieurs les Députés, c’est aussi la vôtre car l’ensemble du Gouvernement compte sur votre totale complicité pour la réussir.

Cette tâche, c’est enfin celle de tout le peuple burkinabé qui, le 21 novembre 2010, a manifesté sa totale adhésion au programme politique du Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent ».

Ce vaste chantier, je le sais aussi bénéficiera du soutien renouvelé de nos partenaires au développement. Je voudrais du haut de cette tribune leur exprimer ma sincère gratitude.

A tous les Burkinabè, hommes et femmes, jeunes et vieux, le Burkina émergent, c’est une ambition commune, et c’est bien ensemble que nous la réussirons.

Je connais aussi vos exigences : il s’agit essentiellement de la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et de l’obligation de vous rendre compte régulièrement.

Je voudrais ici prendre l’engagement solennel d’y veiller. Le Gouvernement répondra sans faux fuyant à chaque fois qu’il sera interpellé par votre auguste assemblée.

La grande qualité de l’avenir c’est d’être perpétuellement surprenant, écrivait Jean Claude CARRIERE. Les Burkinabè unis ont la capacité de dompter leur processus de développement pour l’émergence. Le développement de ce pays a toujours été une histoire de défis contre une nature qui ne nous a pas à priori gâtés. Les progrès réalisés ces deux dernières décennies sous la direction du Président Blaise COMPAORE ne relèvent pas d’une vue de l’esprit. Ils sont le fruit de l’audace et de la foi en la capacité des Burkinabè à surmonter les obstacles, à bâtir et à innover.

Si nous ne faisons pas preuve d’audace et de conviction, nous trouverons toujours des raisons de ne pas agir ou de reculer devant l’adversité. Alors, osons agir pour « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent ».

Que Dieu bénisse notre beau pays. Je vous remercie pour votre bienveillante attention. 

 Adolphe Tiao

 

TEXTE OFFICIEL

Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

C’est à la fois un grand honneur et un agréable devoir pour moi, de présenter à votre auguste Assemblée ma déclaration de politique générale, conformément aux us et coutumes de la Vème République lors de la prise de fonction du nouveau Président de la Collectivité d’Outre Mer.

Au-delà du symbolisme, je mesure toute la valeur que revêt cet exercice républicain auquel je me prête pour la première fois. Il me donne l’occasion de vous dérouler ma feuille de route dans la perspective de la réalisation du Programme politique que j’entends conduire et réaliser pendant les cinq années à venir : « Bâtir, ensemble, un Saint-Martin émergent » pour lequel j’ai conclu un engagement avec vous, la population de Saint-Martin.

Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

Dans un contexte international de récession économique qui n’a pas manqué de toucher durement notre petit territoire, et dans un contexte territorial de plus en plus dégradé, où les attentes sont de plus en plus fortes, le temps est compté. Et cela, sur les niveaux individuel, catégoriel, communautaire et de l’ensemble du territoire.

Aussi, voudrais-je reposer ma philosophie d’action sur trois lignes directrices :

la réflexion axée sur l’innovation et le respect de nos valeurs communes ; la concertation large, ouverte et, conséquemment, non sectaire ; l’action collective continue ayant pour moteur, l’intérêt général.

C’est ce viatique qui me tient tout particulièrement à cœur et que je continuerai de partager avec mon équipe ainsi qu’avec toute la population de Saint-Martin, dans les moments difficiles, faire preuve de sursaut patriotique et républicain en adéquation avec les besoins du territoire de la COM de Saint-Martin. Nous avons pleinement conscience que les défis qui sont dans l’air du temps ont pour noms : urgence, diligence et célérité. Toutefois, je tiens à affirmer en toute humilité que nous ne possédons pas et nous n’arrivons pas à la tête de ce territoire avec un bâton magique. C’est avec de la volonté, du courage, de la compassion, du savoir-faire, de l’expérience mais aussi une combativité et une mobilisation à faire gagner St-Martin que nous nous attelons et attèlerons à la tache.

 Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

Le contexte de crise jamais vécue par notre pays, dans lequel notre équipe a été portée au pouvoir ne nous facilitera pas la tache, mais nous comprenons tous que notre mission première est de contribuer à restaurer la confiance et l’espoir en St-Martin et dans sa résilience inscrite dans les gènes de sa population, mais aussi dans les autorités locales. Cette mission première est aussi de conduire avec clairvoyance et leadership, la mise en œuvre de notre programme quinquennal 2012-2017.

Je mesure à sa juste dimension à la fois le degré de confiance, de courage et de don de soi que requiert un tel niveau de responsabilité. Je voudrais, à nouveau, réitérer devant toute la population de Saint-Martin, mon engagement, au nom de toute l’équipe gouvernementale, d’œuvrer à l’atteinte des objectifs qui répondront aux attentes de l’intérêt général de tous les habitants de Saint-Martin.

C’est aussi le lieu pour moi de réitérer toute ma gratitude à tous ceux et à toutes celles qui ont œuvré avec esprit de suite et détermination afin que débute une ère nouvelle, porteuse de changement et de renouveau. A vous tous je dis encore, mille fois merci.

J’appelle ici même, tous les Saint-Martinois à l’unité et au rassemblement mais surtout à un véritable sursaut d’orgueil pour la construction d’un Saint-Martin de justice et de tolérance, prospère et toujours rayonnant.

 Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

Certaines avancées significatives ont été enregistrées durant ces cinq dernières années. Je voudrais féliciter mes prédécesseurs, Messieurs Louis-Constant FLEMING et Frantz GUMBS, et l’équipe gouvernementale qu’ils ont dirigée, pour le travail abattu. Mais d’importants défis demeurent encore et ont été davantage mis en évidence par la crise qui a ébranlé récemment les fondements de la nouvelle société saint-martinoise. Je rappellerai essentiellement :

le défi de la gouvernance encore handicapée par des dysfonctionnements juridico-administratifs ;

le défi de la lutte contre l’insécurité du fait de la persistance de la pauvreté et de l’exclusion chez les jeunes, de l’extraversion culturelle et de la perte des valeurs cardinales au sein de notre société ;

le défi du renforcement des capacités humaines et institutionnelles dans tous les domaines, tant dans le public que dans le privé, engendrant de faibles productivités du travail et des lourdeurs administratives en déphasage avec les exigences de célérité et de compétitivité qui caractérisent aujourd’hui la gouvernance des affaires ;

le défi d’une jeunesse qui revendique légitimement sa place et son droit à contribuer au développement de son pays ;

le défi des femmes qui revendiquent leur place dans la vie politique territoriale et de voir leurs diverses contributions prises en compte de manière explicite ;

enfin, le défi même des ruptures à opérer pour transformer notre modèle économique afin de le diversifier et de relancer la croissance sur une base saine et durable.

Les perspectives pour relever l’ensemble de ces défis, sont toutes tracées dans le projet de société que nous avons présenté dans notre programme de campagne mais elles peuvent être retrouvées en partie aussi dans le programme de campagne de la nouvelle minorité « Team Daniel Gibbs ». Ces perspectives se résument par : « Bâtir, ensemble, un Saint-Martin émergent ». De manière explicite, il s’agit de bâtir une société apaisée, unie, confiante et déterminée, portée par ses énergies endogènes, fortifiées par les opportunités de l’ouverture sur le monde. La liberté, le dynamisme, la quête permanente de l’excellence, le partage, la solidarité et le consensus en constituent les éléments clés pour converger vers cette vision.

Quatre impératifs sont mis en exergue. Il s’agit de :

la confiance aux capacités endogènes ou locales comme facteurs de progrès et d’émancipation ;

la culture de l’excellence et de la compétition pour tirer un meilleur profit des opportunités qu’offrent la régionalisation ;

l’inculcation des valeurs de tolérance, de partage, de solidarité et de consensus en tant que facteurs de cohésion sociale ;

le renforcement continu de la démocratie par la promotion des libertés collectives et individuelles.

Bien évidemment, toutes ces préoccupations préfigurent les quatre axes directeurs du programme de politique générale que j’entends conduire, à savoir :

premièrement, la consolidation de l’investissement humain,
deuxièmement, le développement institutionnel et la gouvernance,
troisièmement, les leviers de l’émergence,
quatrièmement enfin, les dynamiques nouvelles pour l’économie.

La stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) fondés sur l’attractivité et la compétitivité de notre territoire, qui est désormais le référentiel de notre politique de développement et que notre majorité se propose d’élaborer avec l’appui de partenaires techniques et financiers s’inscrit bien dans cette vision dont la réalisation devra jeter les bases de l’édification d’une économie émergente. A cet effet, pour les années à venir, l’action gouvernementale devra s’organiser autour d’un certains nombre de pôles de concentration entretenant de solides interrelations, dont notamment :

le pôle du renforcement de la gouvernance ;

le pôle du renforcement des piliers de la croissance ;

le pôle de la consolidation de l’investissement humain ;

le pôle de l’intégration des thématiques émergentes dans les stratégies de développement ;

le pôle du renforcement de la coopération internationale et de l’intégration régionale, de réhabilitation et du rayonnement de l’image de Saint-Martin et son leadership régional.

 Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

Le renforcement de la gouvernance est et sera ma préoccupation constante. Sa mise en œuvre avec succès, s’appuie sur une démarche progressive soumise à de constants réajustements.

Le projet de St Martin en vue de son évolution statutaire contenait des recommandations et c’est sur cette base que je vous invite tous à contribuer à la réussite des réformes politiques indispensables à l’approfondissement de la démocratie et à l’accélération du processus d’édification d’un Saint-Martin de prospérité partagée.

Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

EN MATIERE DE CITOYENNETE ET DE COHESION SOCIALE.

Le souci de mon gouvernement sera de prévenir toute menace à la cohésion sociale par la promotion de la tolérance, et le renforcement de l’envie de « vivre ensemble en parfaite harmonie » en s’appuyant sur tous les canaux. Nous remettrons à l’honneur des moments forts en signification tels la semaine nationale de la citoyenneté et nous susciterons l’émergence de nouveaux moments et de nouvelles actions. Il faut que chaque habitant de ce territoire se sente impliqué et concerné et qu’il se comporte en véritable citoyen et qu’il agisse de manière responsable, qu’il connaisse ses droits mais aussi qu’il accepte et qu’il respecte ses devoirs et obligations notamment contributives.

L’administration du territoire, dans le contexte de l’Etat de droit, exige de ses représentants à la tête des entités décentralisées, un professionnalisme à toute épreuve, une exigence élevée d’impartialité et un sens du service public exemplaire. Ces exigences républicaines seront constamment prises en compte par mon gouvernement afin de garantir à l’ensemble des citoyens, sans exclusive, l’exercice des droits, devoirs et libertés prévus par notre loi fondamentale.

EN MATIERE D’AMELIORATION DE LA DECENTRALISATION

Au plan national, la décentralisation fait aujourd’hui l’objet d’une appropriation par la population à la base et est un puissant vecteur pour l’atteinte des objectifs en faveur du développement, nous souhaitons qu’il en soit de même pour notre territoire. Malgré notre évolution statutaire assortie d’une autonomie, le processus doit faire face à de nombreux défis dont les plus importants sont :

d’abord la promotion de la participation citoyenne ;

ensuite de celui la création effective de richesses, de biens et de services publics accessibles et de qualité dans l’intérêt du plus grand nombre ;

l’émergence d’économies locales viables et de pôles de croissance capables de résorber le chômage des jeunes et d’assurer une formation professionnelle de qualité ;

enfin la collectivité territoriale et tout particulièrement la Collectivité d’Outre Mer jouissant d’une certaine autonomie doit être le lieu d’exercice privilégié de la démocratie locale et de la bonne gouvernance dans toutes ses composantes.

C’est pourquoi le gouvernement à la tête duquel je suis élu, va initier avec ses partenaires au développement la réflexion sur l’amélioration du cadre institutionnel et légal ainsi que sur la construction d’une vision stratégique plus réaliste.

EN MATIERE DE SECURITE PUBLIQUE

La sécurité publique constitue un sujet de préoccupation majeure pour les Saint-Martinois. Le nouveau conseil territorial et moi-même en ferons un axe prioritaire parce qu’elle conditionne la paix sociale et le développement.

Plusieurs plans d’actions seront conduits avec détermination pour ramener la sérénité propice au développement des activités génératrices de revenus et la tranquillité publique. Il s’agit en l’occurrence du plan d’action de lutte contre l’insécurité et les incivilités.

La réorganisation de la couverture sécuritaire du territoire entre la police territoriale et la gendarmerie nationale constitue aujourd’hui une priorité de premier ordre. La sécurité dans tous les cas ne peut être l’affaire des seuls services de police et de la gendarmerie nationale. Elle dépend de nombreux autres facteurs tels que : le niveau de conscience civique, la cohésion sociale, la qualité de la gouvernance locale, etc. Il s’agit donc d’une responsabilité collective. C’est pourquoi, il convient d’organiser un partenariat actif et permanent avec tous ceux qui, au plan local, sont en mesure d’apporter une contribution à la sécurité, notamment les leaders d’opinion et les acteurs de la société civile. La police sera d’abord une police de proximité et donc un outil principal d’une politique de sécurité privilégiant l’éducation et la citoyenneté comme des axes de prévention et l’efficacité à travers une meilleure motivation des hommes, leur formation adaptée au contexte d’un Etat de droit et leur équipement conséquent.

Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

En matière d’administration publique : les exigences actuelles du développement politique, économique et social dans le monde, astreignent les différentes administrations publiques à ne plus se complaire uniquement dans la réactivité mais à être désormais plus proactives. C’est bien dans cette perspective que le conseil territorial sera invité à adopter dans les mois à venir, un plan stratégique de modernisation de l’Administration territoriale.

La finalité d’un tel plan est de promouvoir une administration capable de produire des biens et services de qualité susceptibles de contribuer à la satisfaction de la population mais aussi au développement durable. A travers l’exécution de ce plan, nous mettrons l’accent sur :

  • l’amélioration de l’efficacité et de la qualité des prestations par l’introduction au sein de l’Administration d’une logique de performance et d’une culture de résultat (efficacité et efficience) ;
  • la valorisation et le renforcement des capacités des ressources humaines afin de les prédisposer à une meilleure appropriation des politiques publiques en vue de leur mise en œuvre réussie ;
  • la promotion de l’accessibilité et la transparence dans l’administration publique pour une grande disponibilité des agents publics et la mise en place de mécanismes d’écoute ;
  • la promotion de l’administration électronique dotée de matériel informatique et le renforcement des capacités des agents publics en matière de technologie de l’information et de la communication (TIC) ;
  • le meilleur suivi de la gestion de la carrière des agents publics ;
  • la rationalisation et l’optimisation des structures et des procédures administratives ;

Il s’agit de construire une véritable administration de développement, efficace, empreinte de l’esprit du service public et du principe de rendre compte à tous les niveaux ; une administration plus apte à assurer un accompagnement technique qui correspond aux aspirations de touts la population.

  …

Mesdames et Messieurs,Chers concitoyens, Chers amis … …

 Les ambitions de développement sont grandes et légitimes. Mais vous convenez ici avec moi que le secteur privé doit, dans un tel contexte, devenir le moteur du développement de notre pays. Le secteur privé qui est par excellence le pourvoyeur de toute véritable création de richesse et d’emplois.

Ces dernières années, les événements qui ont jalonné la vie de notre pays ont ébranlé le moral des investisseurs. Il nous faut travailler d’arrache pied pour convaincre, pour rassurer que Saint-Martin est toujours une terre de prédilection pour l’investissement et le secteur privé, véritable moteur de la croissance économique. Aussi, allons-nous travailler à juguler les lourdeurs et tous les dysfonctionnements, nos procédures administratives, financières et fiscales dont se plaignent les opérateurs économiques.

C’est dans cette logique qu’il sera opéré la relecture de l’ensemble des textes réglementaires ayant une incidence négative sur la vie des affaires et dans une démarche qui implique le quartet gouvernement local, secteur privé, société civile et partenaires au développement.

Les procédures administratives seront simplifiées. La politique fiscale fera l’objet de réformes approfondies afin de la rendre plus conforme aux exigences de développement et plus en adéquation avec les réalités du territoire.

Le financement de l’économie est le nerf de la guerre pour notre émergence économique. Dans l’analyse des freins au développement économique, le constat majeur qui se dégage est que le financement global de l’économie par les banques, reste très faible. Le financement des entreprises et du développement est donc une de nos préoccupations.

 A brève échéance, nous procéderons à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une stratégie d’attractivité des investissements directs étrangers, rendue plus que nécessaire aujourd’hui. Cette stratégie impliquera un dispositif fiscal souple, plus d’actions de communication et de promotion dans les grandes places d’investissement mais aussi d’accompagnement des investisseurs qui s’établiront sur le territoire de la COM de Saint-Martin. Dans les secteurs définis, St-Martin doit redevenir « foreign investors’ friendly ».

Parallèlement à cette stratégie d’ouverture économique, nos efforts vont également porter sur un lobbying actif pour renforcer le positionnement de nos entreprises performantes dans la sous-région et favoriser leur meilleure insertion dans le réseau international des affaires, grâce notamment à l’organisation de missions économiques au sein de la Grande Région Caraïbe.

Mesdames et Messieurs

En matière de Développement Humain J’ai été long sur le développement du secteur privé parce que je reste convaincu qu’il demeure le véritable moteur de notre économie dont les orientations ont été tracées par son positionnement géographique, géopolitique et géostratégique.

Mais la consolidation de l’investissement humain reste également un élément essentiel.

Ce qui caractérise aujourd’hui le monde, c’est l’exacerbation de la concurrence. A cet égard, les économies qui accroitront leur compétitivité, sont celles d’où pointent des ressources humaines de qualité. Le célèbre économiste américain Charles SOLUDO n’exagère-t-il pas cette vérité en relevant que le développement humain n’est pas seulement le pivot de la compétitivité, mais également le moteur de la croissance économique. Cela confirme la justesse de la priorité que nous donnons à l’investissement humain dans notre programme politique « Bâtir, ensemble, un Saint-Martin émergent ».

La consolidation de l’investissement humain constitue le troisième pôle de concentration de notre action.

Education – Formation

L’éducation et la formation contribuent à l’amélioration de la qualité des ressources humaines, condition indispensable à l’édification d’une économie émergente. Par ailleurs, elles permettent d’éliminer les pesanteurs socioculturelles, de prédisposer les bénéficiaires à des changements de comportement et d’accroître leur adhésion aux ambitions de développement.

Le système éducatif saint-martinois recèle de nombreux acquis en termes d’options de politique et d’innovations éducatives. Ces acquis mis en œuvre permettraient la réalisation d’un système éducatif dans une vision holistique en cohérence avec la stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) dans la perspective des échéances de 2017.

Selon nos aspirations profondes, l’objectif final de l’éducation que nous voulons à Saint-Martin c’est de « faire du jeune Saint-Martinois un citoyen responsable, producteur et créatif » et d’assurer son développement intégral et harmonieux, dans les quatre dimensions du savoir, du savoir être, du savoir-faire et du savoir vivre ensemble. Notre défi sera de répondre aux exigences du pilotage, de l’accès, du renforcement de la qualité et de la mobilisation des ressources du système éducatif de base.

Le système éducatif saint-martinois peut sans trop de difficulté devenir une politique éducative d’avant-garde. Il pourrait surtout être riche de nombreuses innovations de rupture qui se présenteraient comme de véritables alternatives au système éducatif actuel. Notre gouvernance s’attèlera à porter ces innovations à l’échelle pour régénérer notre système éducatif.

Tous les acteurs de l’éducation, l’Etat, le privé, la société civile et les partenaires techniques et financiers sont invités à contribuer de manière multiforme à l’atteinte de cet objectif d’éducation de qualité pour tous.

Nous sommes conscients que toute rupture est un risque de perte d’équilibre. Rompre avec un équilibre de bas niveau de performance pour un équilibre nouveau de plus haute performance est une loi du progrès et du développement. Il faut s’engager dans cette voie.

Un adage bien connu dit que la jeunesse est le fer de lance d’une nation. La crise que nous traversons est portée par cette frange de la population qui voit l’horizon bouché.

Avec nous, Saint-Martin se donne pour ambition majeure de répondre aux défis de cette jeunesse par une politique volontariste d’éducation, de formation professionnelle et d’emplois.

Mesdames et Messieurs,Chers concitoyens, Chers amis,

Création d’emplois lutte contre le chomage

Notre ambition dans les années à venir est la mise en œuvre d’un Programme Spécial de Création d’Emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE). L’objectif de ce programme est de ramener le niveau du taux de chômage dans les trois prochaines années à un niveau de loin bien inférieur à celui que nous connaissons aujourd’hui. Ce programme constitue un dispositif performant de création d’emplois, une chose qui permettra de consolider la cohésion sociale et le dialogue, gages de tout développement économique et social.

Il est articulé autour de 04 axes composés d’actions ciblées pour chaque catégorie de jeunes et pour les femmes.

l’axe 1 constitué d’actions en faveur des jeunes chômeurs diplômés du Supérieur.

l’axe 2 constitué d’actions en faveur des jeunes déscolarisés et non scolarisés.

l’axe 3 est consacré à la formation de jeunes notamment aux métiers agricoles, de l’artisanat d’art, etc..

l’axe 4 exclusivement consacré à l’autonomisation économique des femmes.

La formation professionnelle reste intimement liée à la création d’emplois et à l’amélioration des offres de service. Mon gouvernement ambitionne de développer les compétences techniques et professionnelles des jeunes à travers un plan de généralisation de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

 Mesdames, et Messieurs

La santé reste au cœur des préoccupations de notre population. Pour nous, pour vous, il s’agira de renforcer le système de santé pour lui permettre de tirer les meilleurs résultats possibles des investissements dans la santé. Il est indispensable de mener des actions ciblées dans ce sens :

la réalisation d’une prospective sanitaire en vue de mieux organiser le développement du système ;

l’accroissement de l’offre de santé, notamment en milieu rural, en prenant en compte la médecine privée ;

l’amélioration de la qualité des prestations sanitaires et de l’image des services de santé ;

la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, les maladies émergentes et réémergentes ;

la mise en œuvre du Cadre stratégique de lutte contre le VIH, le SIDA ;

la promotion de la santé de la mère et de l’enfant ;

le renforcement du système territorial d’information sanitaire ;

l’amélioration de l’accessibilité financière aux soins de santé des groupes vulnérables.

Mesdames et Messieurs,Chers concitoyens, Chers amis,

Les sports et loisirs constituent aujourd’hui des enjeux éminemment politiques, sociaux, de santé publique et économiques. Sur le plan politique, ils sont de réels vecteurs de rapprochement des peuples et d’intégration régionale. Sur le plan social et de santé publique, ils contribuent au bien-être et renforcent la cohésion sociale. Sur le plan économique ils se positionnent comme de véritables industries génératrices d’emplois et de devises. Nous n’avons d’autres alternatives que de nous inscrire résolument dans cette vision.

Dans le cadre de la mise en œuvre d’un plaidoyer en faveur des loisirs, l’action phare sera l’organisation d’une journée territoriale des loisirs. Il s’agira d’une journée d’information et de sensibilisation sur les bienfaits du loisir (rôles social, économique, éducationnel).

 Mesdames et Messieurs, « Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux, qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et se disent pourquoi pas ? » écrivait Georges Bernard SHAW. Le développement durable n’est autre chose que la synthèse de ces deux perceptions. Il est un processus dynamique conduisant à l’amélioration du bien-être des humains. L’activité économique et le bien-être matériel demeurent essentiels mais la préservation de l’environnement, l’intégrité culturelle, l’égalité selon le genre, la dynamique démographique qui en assurent la durabilité, le sont tout autant.

Les changements climatiques sont devenus une préoccupation à considérer en tant que composante essentielle de notre stratégie de développement. Dans cette perspective, nous accorderons, en partenariat avec l’association de la Réserve naturelle et les autres associations qui luttent en faveur de l’environnement, la plus grande priorité à la mise en œuvre de la politique territoriale d’environnement, à l’adoption d’un cadre normatif de la stratégie de développement durable, à la création d’une structure d’administration et de management du développement durable en collaboration avec la société civile et le secteur privé. La finalité de toutes ces actions est d’aboutir à :

l’atténuation de la dégradation des ressources naturelles et de l’environnement ;

l’adaptation à la variabilité et aux changements climatiques ;

la réalisation des aménagements paysagers et fauniques ;

au renforcement de la gouvernance environnementale et des capacités des acteurs ;

la promotion des énergies de substitution et renouvelables, des techniques et technologies d’économie d’énergie ;

la promotion de l’éducation environnementale et de l’écocitoyenneté ;

la promotion de la recherche environnementale.

Au-delà de la préservation et de la gestion des ressources naturelles, le développement durable, c’est aussi l’élargissement des opportunités d’accès des populations aux ressources et aux facteurs de bien-être dans l’équité.

 Mesdames et Messieurs ,

 

Je sais que vous vous demandez déjà quel est le coût total de la mise en œuvre de ce programme gouvernemental ? Comment sera-t-il financé ? Si une évaluation exhaustive n’est pas encore faite, je peux vous garantir que l’ensemble des actions énumérées ne sortent pas de l’évaluation de la stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) qui reste le principal bras – ouvrier de notre action gouvernementale dans la perspective de la mise en œuvre du programme politique

 

Par ailleurs, pour relever le défi d’une croissance robuste respectueuse des principes du développement durable, nous renforcerons les mesures de promotion des valeurs de rigueur, de probité, de transparence et d’efficacité dans la gestion des affaires publiques.

La diversification des sources de financement de l’économie et l’optimisation de la mobilisation des ressources budgétaires constitueront un facteur permettant au Gouvernement de répondre aux besoins de financement du développement. Cette stratégie constituera l’instrument de référence dans le financement du développement durable de Saint-Martin.

Notre capacité à concrétiser la mise en œuvre de ce programme repose naturellement sur la solidité des fondamentaux de notre économie et de la maîtrise de la gestion du budget du territoire.

Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

Le renforcement de la coopération internationale, de l’intégration régionale, de la réhabilitation et du rayonnement de l’image de Saint-Martin dans la région Caraïbe, en France et dans le reste du monde

Abordant le dernier pôle de concentration de l’action gouvernementale, le renforcement de la coopération internationale, c’est avec une réelle et légitime fierté que je relève que depuis quelques années, Saint-Martin a considérablement élargi le cercle de ses amis. Cela est l’aboutissement d’une politique d’ouverture de notre pays mais également de l’engagement de représentants de notre territoire à intensifier la contribution de Saint-Martin au processus d’intégration sous-régionale et régionale ainsi que son implication constante dans la réflexion sur la mise en place du CSM&E (Caribbean Single Market and Economy).

Pour poursuivre cette mission, le gouvernement que je suis appelé à conduire orientera ses actions vers :

Le renforcement de la coopération avec Sint Maarten dans le cadre d’un « Inter-dependant-Partnership » afin que la complémentarité, la réalisation et la gestion optimale commune de certaines infrastructure deviennent enfin une réalité dans l’intérêt de notre ile et de nos populations,

le renforcement de la participation de Saint-Martin dans les grandes instances internationales de la Caraïbe ;

l’appui à la résolution des crises majeures ainsi que la lutte contre la criminalité transfrontalière, la prolifération des armes et des drogues ;

la promotion de l’image de l’île de Saint-Martin sur le plan international.

Mesdames et Messieurs, Chers concitoyens, Chers amis,

Un penseur contemporain, Roger Martin du GARD écrivait, je cite : « Quand la vérité est libre et l’erreur aussi, ce n’est pas l’erreur qui triomphe » ; fin de citation. Tout comme disait Elberth HUBBARD « La plus grande erreur que puisse faire un homme est d’avoir peur d’en faire une ».

Au terme de cette déclaration de politique générale, je voudrais reconnaître avec humilité l’ampleur de la tâche qui est d’abord celle de l’équipe gouvernementale que j’ai le privilège de conduire. Nous avons conscience que des erreurs d’appréciation peuvent apparaître dans la mise en œuvre de la politique générale du gouvernement. Des insuffisances apparaitront. Des prévisions pourraient être faussées. Des échecs peuvent survenir. Mais notre ambition et la foi en notre capacité à relever les défis restent intactes. Car, chaque fois qu’il le faudra, nous reconnaitrons nos erreurs et nous nous remettrons à la tâche. Cette tâche, Mesdames et Messieurs, c’est aussi la vôtre car l’ensemble du Gouvernement compte sur votre totale complicité pour la réussir.

Cette tâche, c’est enfin celle de toute la population saint-martinoise qui, le 25 mars 2012, a manifesté son adhésion au programme politique du groupe RRR et qui se résumait ainsi : « Bâtir, ensemble, un Saint-Martin émergent ».

A tous les habitants de Saint-Martin, hommes et femmes, jeunes et vieux, le Saint-Martin émergent, c’est une ambition commune, et c’est bien ensemble que nous la réussirons.

Je connais aussi vos exigences : il s’agit essentiellement de la transparence dans l’utilisation des ressources publiques et de l’obligation de vous rendre compte régulièrement.

Je voudrais ici prendre l’engagement solennel d’y veiller. Le Gouvernement répondra sans faux fuyant à chaque fois qu’il sera interpellé.

La grande qualité de l’avenir c’est d’être perpétuellement surprenant, écrivait Jean Claude CARRIERE. Tous unis, nous avons la capacité de dompter notre processus de développement pour l’émergence. Le développement de ce territoire a toujours été une histoire de défis. Les progrès réalisés ces deux dernières décennies ne relèvent pas d’une vue de l’esprit. Ils sont le fruit de l’audace et de la foi en la capacité des Saint-Martinois à surmonter les obstacles, à bâtir et à innover.

Si nous ne faisons pas preuve d’audace et de conviction, nous trouverons toujours des raisons de ne pas agir ou de reculer devant l’adversité. Alors, osons agir pour « Bâtir, ensemble, un Saint-Martin émergent ». Mon gouvernement et moi nous affirmons « yes with God’s help we can » so then « yes we will for St-Martin’s sake ».

So roll up your sleeves and let’s get to work.

Que Dieu bénisse notre belle île.

Je vous remercie pour votre bienveillante attention

Alain Richardson

    

 

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