Très amer, il se rappelle 2007 où la SN SOSUCO avait dû faire face à une mévente record de 17 ?000 tonnes. On s’en souvient, l’entreprise avait été obligée de louer des magasins à Banfora et même à Bobo-Dioulasso pour stocker sa production. Face à la gravité de la situation, indique le DGA, le gouvernement a dû intervenir à l’époque, en prenant un certain nombre de décisions, limitant l’importation du sucre et, dans le même ordre, en créant l’Observatoire national du sucre. Parallèlement, l’entreprise n’est pas restée les bras croisés et a procédé à une organisation de ses clients grossistes pour, a-t-on dit du côté du complexe sucrier, mieux affronter les fraudeurs. Le sucre importé et celui de la SN SOSUCO vont se côtoyer sur le marché sans heurt.
Mais cette sorte de modus vivendi ne va durer que quatre ans. Comment se fait-il que l’entreprise soit confrontée à une nouvelle crise de mévente ? Sans tergiverser, Moctar Koné pointe du doigt certains importateurs de sucre, sans cependant les citer. Il les accuse en effet, d’inonder le marché avec du sucre de qualité douteuse ou entré frauduleusement sur le marché national. Ce sucre vendu en granulé à 500 FCFA est impensable pour lui. Séance tenante, le DGA se tourne vers son ordinateur, consulte le cours mondial du sucre et lâche : « Quelqu’un qui a payé normalement ses taxes ne peut que vendre son sucre entre 580 et 600FCFA, le kilo ».
Ce, d’autant qu’à la date du 17 janvier ajoute-t-il, le cours mondial de la tonne de sucre était livré à 625 dollars contre 650 à 700 dollars en novembre 2011. Toutefois, la direction de l’entreprise garde l’espoir que la visite annoncée du Premier ministre en mi février soit salvatrice. A défaut, prévient Moctar Koné, la SN SOSUCO court vers une cessation de paiement aux conséquences incalculables.
Frédéric OUEDRAOGO
Sidwaya



