Une altercation entre un gendarme et un paysan le dimanche 18 juillet 2010 a provoqué la colère des populations de Diébougou. Celles-ci ont manifesté leur mécontentement à l’endroit des forces de gendarmerie. Les populations se sont rendues à la mairie qui, depuis la veille, menaît des tractations pour calmer la situation puis ont mis le cap sur la gendarmerie. Chemin faisant, elles ont renoncé de s’y rendre comme initialement prévu. Cela a été possible grâce à l’interventioon de la mairie. Par moments, nous avons vu des petits groupes se former pour décider de la conduite à tenir. Après des concertations, les marcheurs se sont dirigés au haut-commissariat.
Là-bas, ils ont trouvé le maître des lieux, Antoine Atiou, entouré du directeur provincial de la police nationale, Karim Drabo, du commandant de la compagnie de gendarmerie, Bassayir Somé, du préfet de Diébougou, Adama Zoungrana, du 2e adjoint au maire de Diébougou, Abdou Ouédraogo et du chef de terre de Diébougou, Sié Félix Ouattara. Le représentant des manifestants, Antoine Somda dit "le blanc", a indiqué que ce regroupement vise à interpeler les autorités locales sur ce qui se passe et aussi sur le comportement peu recommandable du présumé coupable. Le haut-commissaire et sa délégation qui, auparavant avait rendu visite à la victime hospitalisée au CMA de Diébougou, a déclaré devant la foule qu’il a apprécié leur démarche qui dénote, selon lui, d’une maturité des populations qui ont compris qu’il faut approcher les gens pour comprendre avant d’agir.
Cela, poursuit-il, a permis de prévenir les troubles, toute chose qui serait préjudiciable à la paix sociale. « Nous allons tout mettre en œuvre pour que pareille situation ne se reproduise plus », a laissé entendre le haut-commissaire. Pour lui, la préoccupation du moment est que la victime recouvre la santé. Pour cela, il a déclaré que les soins de la victime seront entièrement pris en charge. Dans la série des solutions, il a indiqué que des mesures appropriées seront prises afin que le ou les coupable (s) soient sanctionnés conformément à la loi. A la suite du haut-commissaire, le commandant de compagnie de gendarmerie a indiqué que les faits sont regrettables surtout quand ils sont commis par quelqu’un qui doit assurer la sécurité des personnes et des biens. Il a souhaité prompt rétablissement au blessé Kountar Dabiré.
Tout comme le haut-commissaire, il a indiqué qu’un compte rendu sera fait à la hiérarchie et que des sanctions seront prises. Le chef de terre chez qui les populations avaient fait un détour avant de s’ébranler vers la mairie, a appelé à l’apaisement et a demandé aux manifestants de constituer une délégation qui sera en contact avec lui, car dit-il, il est aussi concerné par la situation et dit comprendre leur colère. La délégation a été aussitôt constituée et elle a eu un entretien avec les autorités provinciales. Un des manifestants a apprécié la promptitude des autorités qui vient les soulager. Les manifestants ont regagné après leurs domiciles à la demande du chef de terre.
Le récit de la victime
Nous avons rencontré la victime sur son lit d’hôpital qui nous a relaté les faits : « je revenais du champ avec mes frères et nous avons rencontré deux personnes sur une moto JC. Elles ont klaxonné et nous leur avons laissé le passage. Mais vu l’étroitesse de la chaussée à cause du marché, nous nous sommes coincés afin qu’elles passent. Mais arrivé à mon niveau, celui qui était derrière la moto m’a demandé si j’étais fou. Je lui ai retourné la même question.
Par la suite, il m’a demandé si je savais à qui j’avais affaire. Je lui ai retourné à nouveau la mmême question. Il m’a fait savoir qu’il allait m’amener à la gendarmerie après s’être présenté comme étant un gendarme. Je l’ai suivi parce que je savais que je n’avais rien fait. Là-bas, il a exigé que je paie 2 400 F CFA, somme que je n’avais pas parce que revenant du champ. Mes frères qui m’ont suivi à la brigade lui ont demandé pardon ; il a refusé et m’a conduit à l’intérieur et il m’a bastonné". Nous avons approché la gendarmerie pour en savoir davantage. Il nous a été dit qu’il est difficile de dire exactement ce qui s’est passé dans la mesure où l’altercation s’est déroulée à côté du marché sur une voie généralement obstruée les dimanches, jour du marché de Diébougou.
"On attendra les différents rapports pour apprécier et prendre les sanctions appropriées en pareille circonstance", nous a dit notre interlocuteur. Aux dernières nouvelles, la famille du blessé aurait décidé de porter plainte contre le présumé coupable. Le gendarme par qui tout est arrivé a été mis aux arrêts, avons-nous appris par la suite. A l’heure où nous tracions ces lignes, M. Dabiré serait hors de danger. Dans le souci d’apaiser les cœurs, les autorités provinciales, avec à leur tête le haut-commissaire, ont rendu visite à la famille du blessé dans la soirée du lundi 19 juillet. Le gouverneur de la région du Sud-Ouest en a fait de même le 20 juillet.
François SOME (Collaborateur)
Le Pays













