Soumise comme bien d’autres institutions du Faso à l’obligation de réserve, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat s’est toujours refusée à toute polémique à travers la presse.
Mais depuis la publication de son rapport général annuel d’activités 2009 et les débats que ce rapport a suscités, notamment en ces parties concernant la Commission de l’informatique et des libertés (CIL) et l’Office national d’identification (ONI), et face aux nombreux questionnements émis par les premiers responsables de ces deux structures dans la presse et à travers lesquels certains ont cru voir une remise en cause du travail de l’ASCE au point de parler « d’arroseur arrosé » et « d’accusateur accusé », il devient un devoir pour nous de faire la présente mise au point qui se veut sans polémique et sans acrimonie, mais dont l’objectif est d’apporter à l’opinion publique l’éclairage qui sied sur les sujets soulevés.
Ainsi, de la CIL.
L’un des reproches faits par madame la présidente de la CIL à l’ASCE, c’est qu’elle aurait mal fait son travail, parce qu’elle serait passée une seule fois à la CIL pour un travail qui devait être exécuté en une semaine. A l’en croire donc, le travail aurait été « bâclé ». Ce qu’il faut savoir à ce sujet, c’est que le travail de contrôle se fait selon plusieurs modalités : soit sur place (on épluche alors les dossiers au niveau de la structure contrôlée), soit sur pièces (on prend les dossiers et on retourne travailler à sa base), soit encore sur place et sur pièces.
En plus de cela, et madame la présidente le sait très bien, ce travail de contrôle sur pièces s’est accompagné de multiples auditions et plusieurs responsables de la CIL, dont elle-même, sont passés plusieurs fois à l’ASCE à cet effet. Elle-même a été auditionnée au moins quatre (4) fois, si l’on inclut les confrontations du 29 juillet au 04 septembre 2009.
Autre grief de madame la présidente de la CIL à l’ASCE, celui d’être partisane et laxiste, et de vouloir à tout prix avoir un poisson dans ses filets. Et de toute évidence, ce serait elle le poisson du sacrifice ! Que madame la présidente se rassure, l’ASCE, dans le cadre de sa mission, n’a pas pour objectif de s’acharner sur qui que ce soit ou d’avoir quelqu’un dans son filet.
En tant que vigile et garante de la bonne utilisation des ressources publiques, elle veille tout simplement au respect des textes législatifs et réglementaires qui régissent l’utilisation de ces ressources. C’est aussi simple que ça !
Quid de l’ONI ?
On se rappelle que le lundi 05 juillet 2010, le directeur général de l’Office national d’identification (ONI) a donné une conférence de presse dont la presse nationale s’est faite largement l’écho. Au cours de celle-ci, il est revenu, entre autres, sur le rapport de contrôle et de vérification de la gestion budgétaire de l’Office national d’identification (ONI) des années 2007, 2008 et 2009 effectué par l’Inspection générale du budget (IGB) et qui fait ressortir des détournements et manquants de caisse d’un montant de 374 218 525 FCFA.
Monsieur le Directeur général a affirmé à cette occasion n’avoir reçu aucun rapport portant sur le sujet de la part de l’Inspection générale du budget (IGB) et ce, jusqu’à la date de la tenue de ladite conférence de presse. Pas plus qu’il n’a été saisi par l’ASCE.
Or, il est bien établi que la lettre n°09-576/PM/ASCE/SG/DSRAJ du 14 octobre 2009 de monsieur le Contrôleur général d’Etat, lui transmettant d’une part le rapport de mission de contrôle de la gestion budgétaire de l’Office National d’Identification pour les années 2007,2008 et 2009 établi par l’Inspection Générale du Budget (IGB), et lui demandant, d’autre part, de procéder à la mise en œuvre des recommandations émises en vue d’améliorer le fonctionnement et la gestion de l’ONI et de lui en rendre compte dans les délais les meilleurs, est bel et bien parvenue au cabinet de monsieur le directeur général de l’ONI.
La preuve (voir ci-joint), le fac-similé du bordereau d’envoi qui atteste de la réception de ce rapport par les services de monsieur le directeur général de l’ONI le vendredi 16 octobre 2009, et la copie de la lettre n°09-576/PM/ASCE/SG/DSRAJ du 14 octobre 2009 susmentionnée. Ce qui lui a valu du reste, de la part de monsieur le Contrôleur général d’Etat, la lettre de rappel n° 10- 576/PM/ASCE/SG datée du vendredi 09 juillet 2010.
Si donc monsieur le directeur général n’a pas reçu le document dont il est question, cela ne peut résulter que d’un dysfonctionnement au sein de la structure qu’il dirige. Et là, comme on le sait, nul ne doit se prévaloir de sa propre turpitude.
A la lumière de toutes ces précisions, il nous paraît excessif de parler donc de l’ASCE comme d’un « arroseur arrosé » ou d’un « accusateur accusé ». Ce, d’autant plus que nous n’avons pas pour vocation d’accuser ou d’arroser qui que ce soit. Le contrôle au sens large permet tout simplement de faire à la loupe le point sur l’existant (état des lieux) afin d’en dégager les points faibles et/ou non conformes des textes en vigueur pour permettre de corriger les écarts, les dysfonctionnements et les irrégularités constatés.
Pour le reste, nous faisons confiance au sens de discernement des citoyens burkinabè. Tout en sollicitant la publication de cette mise au point dans votre prochaine édition, je vous prie de croire, monsieur le Directeur, à l’assurance de ma considération distinguée.
Directeur de la Documentation, de l’informatique et de la Communication (DDIC) de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat (ASCE)
Paul Dédoui
Pièces jointes :
Fac-similé du bordereau d’envoi ;
Copie de la lettre n°09-576/PM/ASCE/SG/DSRAJ du 14 octobre 2009 transmettant le rapport de mission de contrôle.
NDLR : Les documents joints sont effectifs
L’Observateur Paalga














