Taux de chômage au Burkina : Ah bon, c’est vraiment 2,3% ?

jeudi 3 juin 2010

Quand on parle de crise économique, on parle forcément un chômage, que ce soit au Burkina Faso ou dans les pays industrialisés. C’est une réalité, et aucun gouvernement ne peut nier cela.

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On a beau prendre des mesures pour essayer de redresser la situation, ce n’est pas sûr que cela aboutisse à des résultats probants. La crise économique, quoi qu’on dise, est le fait de l’homme, dont l’égoïsme est sordide.

Si chaque pays a ses réalités en matière de chômage, le Burkina vit aussi cela depuis de nombreuses années. Le Programme d’ajustement structurel (PAS) est passé par là, et on sait ce que cela a engendré, même si les spécialistes s’accordent à dire qu’il le fallait pour redresser les économies moribondes.

Quand on parle de chômage dans ce pays, ce n’est même plus un événement, surtout que des gens le vivent au quotidien. Mais quand on avance des chiffres qui font croire que les choses vont dans le bons sens alors que la réalité est tout autre, il y a de quoi s’en étonner.

Tenez, le 1er juin 2010 à la Direction générale de la coopération, l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a rendu publique la phase terminale du 4e recensement général de la population et de l’habitation (RGPH), réalisé en 2006 : la production des rapports thématiques, qui sont au nombre de 16.

Parmi les chiffres sortis du laboratoire, s’il y a un seul qui aura fait tressaillir nombre de Burkinabè, c’est celui de 2,3% de taux de chômage. On comprend le doute qui habite les gens sur la fiabilité de ces données. Le chômage, en effet, comme la pauvreté, est galopant et on n’a pas besoin de faire science-po pour s’en rendre compte.

Il est là, visible, à l’œil nu dans les familles où les parents sont toujours obligés de porter à bout de bras des enfants quadragénaires. Comme le disait un artiste, « il n’y a plus boulot ». Que les « têtes d’œuf » veuillent bien nous convaincre que le taux est de 2,3%, car il y a de quoi s’arracher les cheveux. On ne sait pas trop quelle règle de » calcul on a utilisée. C’est peut-être pour cela qu’il faut se garder de voler rapidement dans les plumes des experts.

A ce qu’on dit, ce sont les critères du bureau international du travail (BIT) qui ont servi de base de travail. Or selon ses textes, pour savoir qu’une personne chômeuse ou pas, il suffit de lui demander si, dans les 72 heures précédentes, elle a eu à effectuer un travail ; si elle répond par l’affirmative, alors elle ne fait pas partie du cercle des chômeurs. Si on part de ce postulat, on dira que le taux est de 0%.

Pourtant, à Ouagadougou, où le rapport fait ressortir que la région du Centre est la plus peuplée avec 12, 3% de la population, la plupart des citadins ont un boulot précaire. En ville, le phénomène du chômage est partout visible. Tout le contraire de la campagne, où on a toujours quelque chose à faire, et ce ne sont pas les cultivateurs, les artisans, les éleveurs, qui diront le contraire. Somme toute, on a de quoi s’occuper.

Voyez-vous, c’est l’éternelle question des instruments de mesure, qui rappelle les polémiques systématiques qu’il y a au sujet du classement du PNUD selon l’indice du développement humain. Parmi ceux qui ont concocté ce document, il y en a qui traînent sûrement comme un boulet une cohorte de chômeurs.

Justin Daboné

L’Observateur Paalga

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