Coupures d’électricité à Ouaga : Abidjan a-t-il coupé le jus ?

mercredi 3 février 2010

Dans notre édition du mardi 5 janvier 2010, nous nous félicitions de l’effectivité de l’interconnexion électrique de Ouagadougou avec la Côte d’Ivoire, via Bobo-Dioulasso, en ces termes : « Prévu pour s’achever en juin 2009, c’est finalement le 31 décembre que le projet a vu son aboutissement.

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Que devient leur projet d’interconnexion avec Bobo ? Se demandait d’ailleurs plus d’un Burkinabè, avec un ton non dénué d’un zeste de raillerie surtout accentué par le rendez-vous manqué de juin 2009. Désormais, on a la réponse à cette question. Et si l’on imagine que le déficit pour l’année 2009 au Centre régional de Ouagadougou était de l’ordre de 12 mégawatts et que le jus frais venu de Ferkessédougou via Bobo est de 86 mégawatts, il y a de quoi pousser un ouf de soulagement ».

Avions-nous crié victoire très tôt ? Oui, pouvons-nous répondre si les informations qui nous parviennent en ce début de mois de février étaient confirmées. Ces derniers jours en effet, bien des habitants de la capitale vivent les affres des coupures d’électricité qui rappellent la période noire dans tous les sens du terme, de mars 2008. Selon des sources concordantes, cela serait dû à la conjugaison de deux facteurs. Choc de haut voltage

Le premier, que l’on pourrait qualifier d’accidentel, s’est déroulé au niveau de la Centrale n°1 sise à Paspanga où un agent de la Sonabel aurait été électrocuté. Conséquence, les machines ont été arrêtées, ce qui expliquerait les coupures d’électricité dans certaines zones, pour ce qui concerne la soirée du lundi 1er février 2010. Quant aux interruptions des autres jours, elles seraient provoquées par à une situation qui, si elle était avérée, est, avouons-le tout de suite, inquiétante. Il nous revient en effet que la Côte d’Ivoire aurait interrompu sa fourniture d’électricité au Burkina, parce qu’elle-même n’arrivant pas à satisfaire sa propre demande nationale.

Tout serait parti de l’arrêt, pour trois mois, de la centrale thermique AZITO, occasionnant un manque de 150 mégawatts sur l’ensemble de la production ivoirienne estimée à 1200 mégawatts. Et un plan de délestage aurait été mis en œuvre. Tous les pays à qui la Côte d’Ivoire vend de l’électricité notamment le Burkina Faso pourraient donc peu ou prou être touchés.

La nouvelle fait quand même l’effet d’un choc de haut voltage sachant que même au plus fort de la crise entre les deux pays, le contrat en électricité n’a pas été violé, pas même une seule fois. Alors que se passera-t-il ? Mystère et boule de gomme en attendant que les prochains jours nous en disent davantage. Aux dernières nouvelles, le directeur général de la SONABEL, Salif Kaboré, serait en mission d’urgence au pays d’Houphouët pour certainement tenter de démêler cet écheveau énergétique qui a vite fait de prendre une tournure politique.

Le président Blaise Compaoré est, ne l’oublions pas, Facilitateur de la crise ivoirienne qui n’en finit pas de s’éterniser et beaucoup de ses compatriotes ne comprendraient pas que son homologue Laurent Gbagbo lui fasse ça. Pas maintenant. Il semble cependant que les différents protagonistes s’affairent pour trouver une solution dans l’intérêt bien compris des deux parties.

I.K.B

L’Observateur Paalga

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