Pascal Nikiéma, maïeuticien d’Etat, explique que l’accouchement a eu lieu à 0h29mn le lundi 29 septembre par césarienne et que c’est de là que le constat est établi qu’il s’agit de bébés siamois. Les caractéristiques physiques sont distinctes : 2 têtes, 4 membres supérieurs, 2 membres inférieurs, 2 anus et sans sexe, avec un poids de 4,610 kg. Il est donc impossible d’identifier le sexe des bébés.
Quelle est alors la conduite à tenir dans ce cas d’espèce ? "La fiche d’évacuation est déjà prête et ils seront évacués à la pédiatrie Charles De Gaulle à Ouagadougou", a répondu monsieur Nikiéma, en précisant que les frais d’évacuation sont à la charge du district.
Les parents ont manifesté leur réticence en évoquant l’inutilité de ces soins médicaux. Les moyens financiers font défaut, "ce qui accroît le pessimisme chez nous", a renchéri le père. Visiblement, d’autres raisons moins offficielles expliqueraient le refus catégorique du père.
S’agissant des chances de survie des bébés, elles sont, même minces, tributaires du plateau technique et des compétences disponibles à la pédiatrie, a précisé M. Nikiéma. Par ailleurs, il s’est employé à convaincre les parents en leur rappelant des cas graves ayant connu des suites heureuses après une intervention de spécialistes. Lorsque nous quittions les lieux à 12h, la mère, selon le personnel médical, n’avait pas encore vu ses enfants. Comme il fallait s’y attendre, l’opinion n’a pas tardé à rechercher les causes de cette déformation, qui dans l’occultisme, qui dans l’impénétrabilité des voies du Seigneur. Et pourtant, le simple suivi de la grossesse ou une échographie aurait permis d’éviter cette situation, a-t-on expliqué dans les locaux de la maternité.
A l’heure où nous tracions ces lignes, les parents s’opposaient toujours à l’évacuation ; mais le MCD et ses collaborateurs essayaient de trouver un consensus médical avec eux.
Abdoulaye DIANDA (collaborateur)
Le Pays











