La veille, il a agressé un producteur de 50 ans dans la brousse de Safané qui s’en est tiré avec une fracture à la jambe gauche. Le pire a pu être évité dans la ville de Dédougou. Selon Dourossin Mathurin Sanon, directeur régional de l’Environnement et du cadre de vie de la Boucle du Mouhoun, ce phénomène insolite est lié aux perturbations dues aux changements climatiques et aux actions anthropiques. Selon lui, trois hypothèses expliquent ce phénomène. La première est qu’il se pourrait qu’un troupeau ait pu être dérangé par des tirs d’un braconnier.
A ce moment, cet éléphant pourrait s’être détaché et ne se serait plus jamais retrouvé. La seconde, qui est la plus plausible, pourrait être la montée des eaux. En effet, la crue des cours d’eaux pourrait dévier l’itinéraire des éléphants qui sont obligés de changer leur trajectoire. La troisième hypothèse, moins plausible, est que ce vieux mâle a été rejeté par le troupeau. Dès l’annonce de la nouvelle, les populations de la ville de Dédougou de tous âge ont suivi ses traces pour contempler le pachyderme. L’animal a quitté les agglomérations, certes, mais l’objectif des forestiers est de le diriger vers la forêt où il y sera plus tranquille. Les populations seraient ainsi hors de danger. Les forestiers ont invité les populations à la prudence. Aux dernières nouvelles, le pachyderme aurait été canalisé dans la forêt classée de Sah où se trouve un couloir de transhumance d’éléphants.
Adama Dao, victime de la charge du pachyderme, raconte
"Après la prière de 15 h, le 23 août dernier, je suis reparti pour continuer le sarclage de mon champ de maïs. Quelques instants après, j’ai été alerté par les cris de mes enfants qui gardaient les animaux. Lorsque j’ai voulu me rendre sur les lieux, j’ai vu l’éléphant déboucher. Je me suis retourné immédiatement pour prendre mon enfant de deux ans que j’avais laissé sous un arbre au champ. Malheureusement, j’ai été pourchassé par le pachyderme qui m’a chargé à trois reprises. Ma chance est que le sol était très glissant au point que l’animal n’a pu parvenir à ses fins. J’ai eu une fracture à la jambe gauche, mais le plus important c’est que mon enfant a eu la vie sauve. J’invite les populations à la prudence".
Par Serge COULIBALY
Le Pays











