Union Africaine : Faire des frontières des pays un facteur d’intégration

jeudi 23 avril 2009

Le Burkina Faso accueille les 23 au 24 Avril 2009 un atelier sur la gestion des frontières. Des représentants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), des représentants d’ONG et des experts vont se concerter pendant ces deux jours pour trouver des solutions aux différends frontaliers entre Etats et définir des perspectives pour une gestion saine de cette épineuse question.

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Plusieurs questions clés sur la mise en œuvre du programme frontière de l’Union Africaine (UA) seront abordées pendant cette rencontre de Ouagadougou, co-organisée par l’UA, la CEDEAO et le Burkina Faso.

Sensibiliser les acteurs concernés par le Programme Frontière Union africaine (PFUA), mobiliser leur appui, aider la CEDEAO à élaborer un plan d’action régional, tel est l’objectif visé par les organisateurs du présent atelier régional pour l’Afrique de l’Ouest sur la mise en œuvre du programme frontière de l’Union Africaine.

Experts du domaine de la délimitation et de la démarcation des frontières et de la coopération transfrontalière, représentants des organisations internationales tels que l’Union Européenne, la GTZ et des représentants des Etats de la CEDEAO vont pendant quarante huit heures se pencher sur la problématique des frontières physiques des Etats Ouest africains. Une question qui a toujours fait l’objet de conflits entre les peuples de différents pays.

La quasi-totalité des contrées africaines ont, à un moment donné de leur histoire, eu à gérer cette délicate question. Le ministre burkinabè de l’administration territoriale et de la décentralisation, présidant la cérémonie d’ouverture, explique ces conflits en ces termes « depuis la nuit des temps, la volonté des peuples organisés d’affirmer, de préserver leur identité et de garantir leur sécurité les a toujours amenés à chercher à définir avec le maximum de précision possible, les limites de leur territoire d’avec celui de leurs voisins immédiats ». Les Etats modernes ne font pas non plus exception à cette règle.

La frontière continue d’alimenter de nombreux conflits en Afrique. Cela est sans doute lié à la mauvaise définition des frontières par les colons, à en croire le directeur par intérim du département paix et sécurité de l’Union Africaine, El Ghassim Wane. Mais les solutions doivent venir des africains eux-mêmes. Ils ne peuvent que compter sur des politiques intégrant cette épineuse question. Néanmoins, le succès escompté ne sera au rendez-vous qu’avec l’appui de partenaires non africains, tel semble être la conviction du directeur intérimaire. C’est donc dans ce souci que les chefs d’Etats et de gouvernements se sont réunis à Durban en Afrique du Sud en Juillet 2002 pour adopter un mémorandum d’accord sur la sécurité, la stabilité et le développement et la coopération en Afrique.

L’atelier succède à ceux déjà tenus en Afrique de l’Est et du Nord. Il précède bien entendu celui de l’Afrique centrale qui est prévu pour le mois de Mai et celui de l’Afrique australe plus tard. Il suscite de ce fait un espoir immense pour les organisateurs du présent atelier. La délimitation et la démarcation des frontières, qui ne l’ont pas encore été, doivent prendre fin en 2012 si les conclusions de Durban sont respectées.

Les tensions et autres entraves laisseront désormais libre cours à des échanges fructueux, du moins les clarifications des frontières physiques artificielles favoriseront la libre circulation des personnes et des biens. Selon le directeur du département libre circulation de la CEDEAO, N’Faly Sanoh, à l’heure de l’intégration, rien ne justifie le fait que les frontières soient sources de conflits. Elles doivent plutôt être un facteur de paix et d’échanges entre les populations des différents pays concernés.

Cette rencontre de deux jours doit alors permettre le renforcement du processus d’intégration. L’intégration par le bas est en marche, il appartient au sommet, c’est-à-dire les autorités administratives et politiques de suivre le pas.

Moussa DIALLO
Lefaso.net

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