L’heure de la mécanisation agricole a sonné au Burkina Faso. Il suffit de faire un tour dans les campagnes pour voir les signes précurseurs que sont les tracteurs bleus et motopompes venus de l’Inde. En effet, le projet de développement de la mécanisation agricole et du soutien au secteur hydraulique qui consiste en la mise en vente de matériels et d’équipements agricoles, connaît un grand succès auprès des producteurs. Depuis quelques jours, le siège et l’entrepôt à ciel ouvert de Dassasgho du Fonds de l’eau et de l’équipement rural (FEER) ne désemplissent pas. Parmi les équipements mis en vente, les tracteurs suscitent plus d’engouement.
Il y a trois types de tracteurs : des 60 chevaux (au nombre de 100) et les 50 chevaux (au nombre de 250), et les 40 chevaux. Les deux premiers types sont épuisés. Il ne reste plus que ceux de 40 chevaux. Sibiri Joseph Kaboré, producteur de Boudri, un département de Zorgho doit se contenter d’un 40 chevaux . Mais il n’est pas moins heureux. "Avec ce tracteur, je pourrais passer de 7 hectares de coton à plus de 10 hectares et 6 hectares pour le maïs et le sorgho". Tout comme Sibiri Joseph, la plupart des paysans rencontrés au magasin du FEER, ce 21 avril dans la matinée, sont membres de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB). Cette structure depuis quelques années, se bat pour équiper ses membres en matériels agricoles. Ainsi, en une semaine, elle a fait sortir de l’entrepôt du FEER, au moins 60 tracteurs au profit de ses membres. Selon le directeur général du FEER, Aimé Roger Kaboret, plus de la moitié des matériels est sortie depuis le début de l’opération. Mais que de chemin parcouru !
Beaucoup de difficultés
L’ambition du gouvernement est d’accélérer le processus de mécanisation agricole du pays. Les tracteurs obtenus grâce à la coopération avec l’Inde participent à cela. Pourtant, les tracteurs ont dû attendre deux ans dans la cour à ciel ouvert du FEER abandonnés aux intemperies. Le directeur général du FEER, évoque un manque criant de moyens financiers. "Nous vivons douloureusement cette opération car jusque-là, nous n’avons reçu aucune mesure d’accompagnement", a-t-il signifié. Pourtant l’institution a dû débloquer plus de 270 millions pour préfinancer l’opération. Le coût moyen de remise en état d’un tracteur s’élève à 130 000 F CFA, selon le directeur général. Toutefois, précise-t-il, cela vaut le coût. "C’est un grand plaisir pour nous de voir que les tracteurs s’achètent comme du pain", affirme le directeur général. Et d’ajouter que la vente des tracteurs subventionnés aux producteurs constitue un déclic pour la mécanisation de l’agriculture burkinabè et la naissance de l’agrobusiness à grande échelle.
"Avec le tracteur, le champ devient une véritable entreprise", a-t-il conclu. Selon la puissance de leur moteur, les prix des tracteurs varient entre 5 à 10 millions de francs CFA et sont remboursables sur cinq ans. D’ici à la fin de l’opération, ce sont au total, 700 tracteurs, 1 200 motopompes qui seront vendus aux producteurs à crédit. C’est dire donc que le plus dur reste à venir. Car même si le FEER s’est entouré de beaucoup de garde-fous, le recouvrement ne sera pas des plus aisés.
Fatouma Sophie OUATTARA
Sidwaya














