Détention de Nana Perpétue à la prison de Koudougou : Les enseignants commencent demain la pression pour sa libération

mardi 27 janvier 2009

Ainsi que nous le rapportions dans notre édition du vendredi 16 janvier, dans la rubrique une lettre pour Laye, une enseignante, Mme Nana/Kyelem Perpétue, de l’école de Kougsin, dans la circonscription de Sourgou, est détenue depuis le 17 décembre à la Maison d’arrêt et de correction de Koudougou (MACK) pour, semble-t-il, avoir été à l’origine de la mort, en début novembre, de son élève, Ouili Mariam, du fait des coups qu’elle lui aurait portés en fin octobre.

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Las de mener des démarches infructueuses pour la libération de leur collègue, ne serait-ce que provisoire, les enseignants du Boulkiemdé ont décidé de hausser le ton et d’entreprendre des actions de pression pour une libération sans condition de la mise en cause. C’est en tout cas ce qui ressort de l’assemblée générale qu’ils ont tenue le jeudi 22 janvier dernier en présence d’une délégation des bureaux nationaux du SYNATEB et du SNEA-B.

Incontestablement, le problème de Mme Perpétue Nana ne laisse pas insensible le corps enseignant de la province du Boulkiemdé. Il n’y a qu’à se référer à la forte mobilisation dont il a fait montre ce jeudi 22 janvier à l’assemblée générale (AG).

La salle de l’école Centre "B" n’a pas pu contenir les participants et c’est en squattant la porte, les fenêtres ou en se juchant sur leurs motocyclettes que certains ont suivi les débats dirigés par Tahirou Traoré, secrétaire national du SYNATEB. On comprend cet intérêt que les instits portent au sort de leur collègue car, mine de rien, chacun peut se retrouver dans cette situation.

"Si on ne se mobilise pas, d’ici que chaque fois qu’un enfant décède dans une localité donnée et que la population se soulève contre les enseignants, on se retrouvera dans une posture où on sera dans l’incapacité de faire notre boulot et où notre sécurité sera des plus précaires.

Il n’est pas question que les enseignants deviennent des boucs émissaires à chaque décès d’élève", a fait remarquer le secrétaire général national du SYNATEB, Tahirou Traoré. Il ne cache pas son énervement de voir la pauvre dame enfermée depuis plus d’un mois sur la base de simples accusations gratuites sans aucune preuve matérielle. Encore qu’aucune autopsie n’a été effectuée pour, ne serait-ce que prouver que l’enfant a été battu.

Surtout que Nana Perpétue ne reconnaît pas avoir frappé la fillette en question. En tout cas, depuis son début, cette histoire n’a pas laissé les milieux enseignants indifférents ; en témoignent les démarches entreprises par les sections locales du SYNATEB et du SNEA-B pour avoir la libération provisoire de la maîtresse.

Ces sections ont, du reste, régulièrement informé leurs instances supérieures de l’évolution du dossier. Cette AG est une suite de ces démarches et il s’agissait d’examiner la situation de Mme Perpétue Nana et de prendre les résolutions qui s’imposent.

Ces résolutions sont que la manière douce ne donnant pas de fruits, il va falloir passer à des pressions plus vigoureuses. Ces pressions commencent ce mercredi par un sit-in au haut-commissariat du Boulkiemdé par l’ensemble des enseignants de la province. Si satisfaction n’est pas au rendez-vous, les enseignants observeront un arrêt de travail les 3 et 4 février et si d’aventure la dame n’est pas libérée, la pression sera élargie au niveau régional puis national.

Tahirou Traoré, que nous avons rencontré à la fin de l’AG, a déploré le désintérêt de l’Administration quant au sort de la maîtresse. Il a dénoncé aussi la manière dont le dossier a été traité par la justice, avançant que des pressions ont été faites pour maintenir leur collègue en cellule. C’est, selon le responsable national du SYNATEB, ce qui a valu que la demande de libération provisoire, formulée par l’avocat de la famille, ait été rejetée.

En tout cas, les enseignants, au cours de l’assemblée générale, ont affiché leur détermination à aller jusqu’au bout et obtenir la libération sans condition de leur camarade. Certains même étaient pour qu’on aille directement à des actions d’envergure nationale. On se demande alors quel visage présentera le secteur éducatif les prochains jours dans le Boulkiemdé.

Mais d’ores et déjà, on ne peut que souhaiter qu’on privilégie vite la concertation et que des compromis soient trouvés, car dans cette situation, ce sont les élèves qui vont trinquer. On n’oublie pas le sort de la pauvre enseignante, car il est confirmé qu’elle est asthmatique et en début de grossesse.

Nous vous proposons la lettre d’information des secrétaires généraux du SYNATEB et du SNEA-B adressée au directeur régional de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation du Centre-Ouest (DREBA-CO) et le préavis de grève adressé au haut-commissariat du Boulkiemdé.

Cyrille Zoma

L’Observateur Paalga

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