Opérations de maintien de la paix en Afrique : Les Etats-Unis et le Burkina Faso renforcent leurs capacités

lundi 25 février 2008

Le séminaire sur le maintien de la paix, coorganisé par le ministère de la Défense du Burkina Faso et l’Institut juridique international d’étude et de la défense (DIILS) des Etats-Unis qui s’est ouvert le 18 février 2008 à Ouagadougou a clos ses travaux, vendredi dernier. Les participants satisfaits des enseignements reçus ont recommandé une présence plus marqué du Burkina Faso sur les théâtres d’opération de maintien de la paix.

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Les militaires, paramilitaires, décideurs politiques et de l’administration publique, leaders d’organisations de la société civile et de la presse ont renforcé leurs capacités et connaissances en matière du soutien à la paix. En effet, il ont pris part du 18 au 22 février 2008 à Ouagadougou à un séminaire sur le thème : « Décideurs et problématique du soutien à la paix ».

Plus d’un vingtaine de modules en rapport avec le thème ont été développés par des animateurs américains et burkinabè. Il s’agit en l’occurrence, côté américain, des colonels David Gordon, Karl Farri, Michaël Smith, du lieutenant de marine Derek Mills et du colonel Sidiki Daniel Traoré pour la partie burkinabè. Ceux-ci ont livré des communications sur les opérations de soutien à la paix, l’usage de la force dans ces opérations et la problématique du commandement et des droits de l’homme. Les formateurs ont également donné des explications sur les situations post-conflictuelles et la politique nationale de soutien à la paix avec les perspectives dans ce domaine. Il est ressorti des communications que le maintien de la paix, selon les textes de l’ONU « consiste à établir une présence de l’organisation sur le terrain, ce qui n’a, jusqu’à présent, été fait qu’avec l’assentiment de toutes les parties concernées et s’est normalement traduit par un déploiement d’effectifs militaires et/ou de police des Nations unies ainsi que dans bien des cas, de personnel civil ».

Une lecture des événements internationaux actuels indique que l’ONU aura toujours besoin de plus en plus de soldats entraînés, préparés et disponibles. Les forces multinationales peuvent souvent constituer la solution adéquate pour sauvegarder la paix. Ils doivent avoir l’équipement et la logistique nécessaires et adéquats pour effectuer leur mission dont la réussite véritable réside dans la résolution de problèmes qui ont provoqué le conflit sur le théâtre duquel ils interviennent.

Un fonds pour les opérations de soutien à la paix

Le Burkina Faso participe à des opérations de maintien de la paix depuis plusieurs années. Il est notamment intervenu, dans ce cadre, au Togo, au Liberia, au Burundi, en Centre- afrique et en République démocratique du Congo (ex-Zaïre). Une liste non exhaustive à laquelle s’ajoutera le Soudan. En effet, le pays se prépare à y déployer un contingent militaire composé de deux bataillons dénommés Laafi et Benkadi.

Selon le conférencier burkinabè, le colonel Sidiki Daniel Traoré, le pays des hommes intègre a capitalisé un certain nombre d’acquis à travers ces missions. L’expertise internationale, le brassage culturel, la notoriété sur la scène internationale et le savoir-faire en sont quelques uns. Les insuffisances sont essentiellement relatives aux ressources humaines, matérielles et financières.

Le colonel Traoré a jugé nécessaire la mise en place d’un fonds national destiné aux opérations de paix. Les séminaristes, une soixantaine, ont salué la pertinence des sujets et la qualité des communications. Ils ont recommandé à l’issue des travaux, la prise de dispositions idoines par les autorités militaires et civiles pour renforcer la présence du Burkina Faso sur les théâtres d’opérations de soutien à la paix et la tenue périodique de séminaires similaires.

S’adressant aux mêmes autorités, le premier conseiller de l’ambassade des Etats-Unis, David Brown, a laissé entendre : « J’espère que ce séminaire (...) aura répondu un tant soit peu aux attentes du gouvernement du Burkina Faso dans son souci de renforcer les connaissances des cadres de la société civile, des forces de défense et de sécurité sur des aspects juridiques des opérations de soutienà la paix ».

Il a assuré l’Etat de la disponibilité de son pays à soutenir le Burkina Faso dans la préparation de sa mission de paix au Darfour. Le chef d’Etat-major général des armées, le général Ali Traoré, a remercié l’Ambassade des Etats Unis qui, à travers l’Institut des études juridiques internationales de la défense (DIILS) et son département ont permis la tenue du séminaire de cinq jours. « Je salue le sérieux et la rigueur qui ont caractérisé votre participation aux travaux », a-t-il dit aux participants. Pour lui, les enseignements dispensés vont accroître qualitativement la participation du Burkina Faso aux opérations de soutien à la paix.

Le colonel Traoré a exhorté les bénéficiaires de la formation qui ont reçu chacun une attestation de leur participation au séminaire, à mettre leurs connaissances au service de la population, la plus large possible, en vue d’un renforcement des capacités nationales dans le domaine de l’aide à la paix. « Je puis vous assurer que le ministère de la Défense accordera une attention particulière à la suite à donner à ce séminaire », a déclaré le colonel Traoré. Il a par ailleurs, souhaité que le partenariat entre les Etats-Unis et le ministère de la Défense se renforce davantage.

Séraphine SOME serasome@yahoo.fr


Que chacun joue son rôle

La paix, une situation de non conflit, un préalable à tout développement socioéconomique et politique. Porter par conséquent secours à un pays où à une nation afin qu’il retrouve la paix et la sécurité est une action louable. En cela, il faut saluer les « gardiens » de la paix de l’ONU, de l’Union africaine ou autres organisations, des braves soldats qui sont envoyés sur des théâtres de conflits pour maintenir la paix souvent au péril de leur vie.

Et le séminaire sur le soutien à la paix, coorganisé par le ministère de la Défense burkinabè et l’Institut juridique internationale du département américain de la défense (DIILS) le séminaire est arrivé à point nommé. Parcequ’il a permis aux participants composés d’officiers et de sous-officiers militaires et paramilitaires, de décideurs politiques et de l’administration, ainsi que des hommes des médias et des représentants d’organisations de la société civile de renforcer leurs capacités en matière de soutien à la paix. Ceci, à un moment où le Burkina Faso s’apprête à envoyer un contingent militaire au Soudan. L’implication d’acteurs issus de diverses couches socioprofessionnelles, démontre entre autres que la question de la paix concerne tout le monde. Chacun (à quelque niveau qu’il soit) peut jouer sa partition au maintien de la paix, lequel commence d’ailleurs chez soi, dans son pays.

Les comportements et actions que l’on pose ne doivent pas entamer la paix, mais participer à son édification. Etant dans un Etat de droit, il existe des voies légales, des moyens pour exprimer son désaccord, pour se faire entendre ou résoudre un problème. La violence, les conflits n’ont jamais été les meilleures solutions aux problèmes et ce n’est pas les pays qui les ont expérimentés qui diront le contraire. Ils laissent toujours un goût amer, avec des conséquences souvent incommensurables. Par ailleurs, les institutions républicaines doivent jouer leur rôle comme il se doit afin que tous les citoyens sentent qu’ils appartiennent au même pays et ont les mêmes droits et devoirs. La paix est une conquête permanente et il vaut mieux la préserver que de chercher à la restaurer. S.S


Des participants apprécient

Colonel Léon Traoré, commandant du bataillon Laafi : « Les opérations de soutien à la paix sont de plus en plus complexes du fait de leur nature évoluant et changeant et des lieux du déroulement des conflits. Par conséquent, les séminaires de ce genre sont à saluer. Ils donnent des informations importantes aux personnes qui sont ou qui peuvent être appelées à effectuer des missions de maintien de la paix. J’ai surtout apprécié la disponibilité des formateurs et la qualité des thèmes qui ont été développés. La formation a été très enrichissante pour nous Burkinabè dont le pays est engagé dans des opérations de soutien à la paix. Elle nous a permis d’avoir des informations pour améliorer notre participation aux opérations prévues dans ce cadre ». Zata Nana/Tarnagda, (secrétaire confédérale adjoint chargée des relations extérieures de la Confédération générale du travail du Burkina (CGTB) : « Le séminaire a permis un brassage entre civils et militaires. Ces derniers abattent en général beaucoup de travail en matière de maintien de la paix sur le plan national et international. Mais leurs actions ne sont pas bien connues du grand public. Nous saluons alors la tenue du séminaire sur le maintien de la paix. Le cadre de la rencontre a été intéressant en ce sens qu’il a permis aux civils d’exprimer leurs préoccupations et appréciations sur la sauvegarde de la paix. La question du pouvoir d’achat n’a cependant pas été suffisamment évoquée. Pourtant, ceci a un lien avec le droit des minorités et des populations. Tant que les gens arrivent à satisfaire à leurs besoins basiques, la paix a une place. Mais autrement, elle est menacée. La tribune était offerte pour les uns et les autres d’échanger sur les facteurs qui permettent de préserver la paix. Nous regrettons les actes de violence qui ont été signalés ces derniers jours dans la presse. Mais nous interpellons les autorités sur la question du pouvoir d’achat qui se détériore de plus en plus ».

Me Liliane Dakouré, membre de l’Association des femmes juristes : « J’ai suivi le séminaire avec un grand intérêt. Beaucoup d’informations utiles nous ont été livrées, avec également de nouvelles connaissances en matière de sécurité sur les théâtres d’opérations de maintien de la paix. J’aurais cependant voulu qu’il yait un module intégré au séminaire, prenant en compte la question du genre, même si la violation des femmes a été évoquée ».

Dr Bangba Bidima, président du Mouvement de la paix/Burkina : « Le thème du séminaire « Décideurs et maintien de la paix » est pertinent et arrive à point nommé car le Burkina Faso s’apprête à envoyer un contingent militaire au Darfour. Le séminaire contribuera à mieux préparer les militaires qui iront au Soudan. Il a permis également aux civils qui ont pris part aux travaux de comprendre les opérations de maintien de la paix. Il est souhaitable que ces genres de séminaire soient organisés régulièrement ».

Député Norbert Tiendrebéogo : « Le séminaire est arrivé a point nommé. Les cinq jours de travaux se sont déroulés dans une bonne ambiance. Je salue la pertinence des thèmes développés et le professionnalisme des animateurs. Je pense que notre armée nationale avait besoin d’une telle formation. Lequel d’ailleurs a donné l’opportunité aux députés de toucher du doigt les réalités des opérations de maintien de la paix. Etant dans un monde où les turbulences ne manquent pas, nous ne pouvons pas accéder à une développement durable s’il n’y a pas de paix. Pour cela, l’implication des élus est à saluer puisqu’il s’agit de décideurs politiques. S’il y a d’autres occasions de soutien à la paix, je pense que l’Assemblée nationale devrait pouvoir donner son feu vert afin que le Burkina Faso soit de plus en plus reconnu comme un pays participant à la paix mondiale ».

Lieutenant colonel Herman Marie Omer Bambara commandant la 3e région de gendarmerie : « Le séminaire tombe à pic dans un environnement international marqué par des conflits et la participation de plus en plus du Burkina Faso aux opérations de maintien de la paix. Les échanges sont porteurs non seulement au regard de la richesse des thèmes, mais également du fait des échanges entre différentes couches socioprofessionnelles ».

S.S

Sidwaya

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