Justice : De nouvelles outres, en attendant le vin nouveau

mardi 31 juillet 2007

La machine judiciaire burkinabè jette ses défroques. Depuis trois semaines maintenant, la Cour d’Appel de Ouagadougou a emménagé dans ses fraîches installations sises dans le nouveau quartier administratif de Ouaga 2000, à quelques encablures du palais présidentiel de Kosyam.

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C’est désormais elle qui fait un peu de place pour héberger le Tribunal de grande instance qui migre provisoirement - pour une durée d’environ un an - en attendant la réfection du vieux Palais de justice inauguré à la fin des années 70 où étaient concentrées les pièces maîtresses de l’appareil judiciaire du pays des Hommes intègres.

Le « 3e pouvoir » opère une chirurgie esthétique pour se donner un nouveau visage. Du moins, du point de vue infrastructurel. La réforme globale annoncée au lendemain de la crise consécutive au drame de Sapouy aura au moins accouché de nouvelles infrastructures et de la rénovation du palais de justice de Ouagadougou qui était devenu visiblement trop étroit. Pour réformer un appareil judiciaire qui s’est révélé comme le ventre mou de l’appareil d’État, il n’est pas inutile de bâtir des murs en béton et de donner des coups de pinceau par-ci, par-là. Une sagesse biblique n’enseigne-t-elle pas que « Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres » ? Ou encore que « Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve » ?

Le moins que l’on puisse dire sur ce lifting, c’est qu’il est accompagné d’une valse du personnel judiciaire. D’anciens magistrats partis en missions diplomatique et politique sont revenus à la maison. Certains ont été promus à des postes plus en vue tandis que d’autres ont été mis à l’ombre. Apparemment, le nouveau Garde des Sceaux ne veut pas badiner avec ses responsabilités. Le portefeuille de la Justice est devenu, depuis l’affaire hautement corsée de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, une patate chaude.

Ce dossier, ainsi que plusieurs autres qui défraient la chronique, le soumettent à une véritable épreuve face à une opinion nationale et internationale qui ne se satisfait plus de dilatoire. Croisons les orteils pour que les fruits tiennent les promesses des fleurs.

(La suite de l’enquête dans le JJ "papier")

A. Houédrago

Journal du jeudi

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