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Grogne dans l’armée : La contagion gagne-t-elle les casernes ?

Publié le jeudi 4 janvier 2007 à 07h40min

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Après les violents affrontements qui ont opposé policiers et militaires les 20 et 21 décembre 2006, faisant 2 morts dans un camp, 4 dans l’autre, ainsi que quelques victimes civiles, les soldats ont encore fait parler la poudre durant ce long week-end.

Le service avait pourtant repris timidement dans les commissariats qui avaient été désertés par leurs occupants et les policiers, que les gendarmes avaient supplées, avaient même refait leur appartition sur les différentes artères de la capitale.

Les habitants qui s’étaient terrés dans leurs maisons vaquaient de nouveau à leurs occupations habituelles, cherchant le nécessaire pour passer de bonnes fêtes. Le calme semblait donc définitivement revenu quand, vendredi 29 décembre en début de soirée, la panique s’empara à nouveau des Ouagavillois, notamment les habitants de Gounghin, Pissy, Boulmiougou...

C’était le sauve-qui-peut, les SMS et coups de fil pour alerter parents et amis afin qu’ils rentrent dare-dare si d’aventure ils se trouvaient toujours en ville.

Nouvelle peur sur Ouaga

De nombreux maquis habituellement bondés en début de week-end avaient vite fait de fermer et seuls quelques téméraires devisaient encore par petits groupes à gauche et à droite. La raison de cette nouvelle peur sur Ouagadougou, des militaires du camp Sangoulé Lamizana, (ex-camp de l’Unité) appartenant précisément au Groupement de commandement d’appui et de soutien (GCAS), manifestaient leur mécontentement à coup de rafales.

Ce n’est que vers 23 h que les tirs baissèrent au fur et à mesure d’intensité pour cesser enfin, après quelques tractations entreprises par la hiérarchie.

Le lendemain on apprendra que c’est une histoire de prime alimentaire, ce qu’on appelle dans les casernes le pré-franc, qui serait à l’origine de cette nouvelle poussée de fièvre.

Après Ouaga, la contagion a gagné Kaya le 30, puis Bobo le 31 décembre, jour de Tabaski et de la St-Sylvestre. La colère de la soldatesque est-elle en train de se métastaser ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser. Et où tout cela va-t-il mener ?

En dehors de toute information officielle, il nous revient que si la colère gronde dans les rangs, c’est parce qu’au-delà de la prime alimentaire c’est le problème des conditions de vie de la soldatesque qui serait posé.

Pêle-mêle on parle de sommes dues, mais non perçues ; de chefs militaires qui se sont embourgeoisés jusqu’à l’indécence pendant que le gros de la troupe boit de la potasse.

On réclame des têtes

D’autres pointent du doigt les conditions de recrutement dans l’armée où débarqueraient à la fois le bon grain et l’ivraie, sans oublier ces jeunes gens pistonnés par tel ou tel officier supérieur ou général, quand ce ne sont pas des ministres ou des barrons du régime. Du coup, il y a dit-on, une caste de soldats intouchables, réfractaires à toute forme de discipline et de hiérarchie.

Tous ces problèmes seraient aggravés, entend-on, par des querelles de personnes et de clans dans la haute hiérarchie militaire, ce qui complique dangereusement la situation au sein de cette Grande muette devenue si prompte à faire... parler la poudre.

Maintenant la question se pose de savoir comment les autorités vont gérer sans trop de casse, cette délicate passe. Vont-elles jouer la carte de la fermeté ou celle de l’apaisement ?

En tout cas, les militaires frondeurs réclament déjà des têtes que le chef suprême des armées serait peut-être bien inspiré de leur offrir dans une gamelle, pour ainsi donner un signe fort et, au moins, l’illusion du changement.

Surtout que les bérets rouges révoltés menaceraient de se faire encore entendre si, dans un délai raisonnable, leurs préoccupations n’étaient pas prises en considération. A moins que lui-même ne soit pris en otage par son propre système.

H. Marie Ouédraogo

L’Observateur Paalga

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Vos commentaires

  • Le 5 janvier 2007 à 16:05, par internaute anonyme En réponse à : > Grogne dans l’armée : La contagion gagne-t-elle les casernes ?

    Indiscipline, laxisme, défauts de paiement de primes dues, embourgeoisement du corps de commandement au détriment des hommes du rang, clanisation de l’armée, ... bref ! Cette longue liste non exhaustive des maux qui minent notre armée n’augure pas du tout de bonnes nouvelles pour l’avenir de notre chère patrie ! La paix chez nous est ... en danger certain ! L’avenir de toute une nation se trouve ainsi fortement ménacé ! L’heure est, on ne peut plus, plus que grave ! Alors, que peut-on et doit-on faire pour mettre le pays à l’abri du chaos imminent qui le guette ? La réponse à cette épineuse interrogation impose, par souci d’efficacité, que l’on mette d’abord en relief les causes du malaise actuel qui règne au sein de nos forces armées ! A ce titre, le catalyseur principal de la crise que vit notre armée est, sans conteste, la guerre sans nom qui sévit chez nos voisins ivoiriens ! En effet, à la faveur du chaos ivoirien, que nous avons, ayons le courage de le dire, entretenu en offrant notre pays comme base arrière aux rebelles, grace à ce chaos ivoirien disais-je, notre capitale a vu affluer vers elle un genre nouveau de "richissimes hommes d’affaire" qui n’ont en réalité pour unique "profession" que celle de rebelles ! Artisans principaux du chaos ivoirien, "nos chers hommes d’affaire" qui, hier seulement n’étaient pour la plus part que de simples hommes du rang dans l’armée ivoirienne, ne se privent pas de faire dans notre capitale étalage de leurs butins de guerre : villas coçues à Ouaga 2000, voitures luxueuses, installation de sociétés prête-noms pour le blanchissement de l’argent issu de leur trafic en tous genres, ... bref ! Ils mènent chez nous un train de vie à faire pâlire d’envie... des éléments de notre armée ! Eh oui ! Disons les choses par leurs noms ! Nos soldats donc se sont mis à lorgner le train de vie de certains de leurs chefs qui, sont seuls en train de récolter les fruits de leur collaboration avec les rebelles ivoiriens ! A côté de cela, ceux mêmes qui, sur le terrain, sont chargés des sales besognes vivent une paupérisation de plus en plus croissante au fil du temps ! Les différentes primes de missions auxquelles ils ont droit ne leur seraient pas versées ! Si, en plus de tout cela, certains de leurs collègues profitent des relations qu’ils entretiennent avec la hiérarchie pour fouler au pieds la discipline militaire, il était inéluctable que les "laissés pour compte" crient leur exaspération ! En pareille circonstance dans l’armée, le seul recours à disposition reste de faire parler la poudre ! Sinon, quoi d’autre peut-on faire ? ABSOLUMENT RIEN, hélas ! Non ! Très sérieusement, impliquons-nous d’avantage dans la recherche d’une paix durable en Côte d’Ivoire ! Pour cela, commençons, quel que soit ce que cela nous coûtera, par revoir nos rapports avec les rebelles ivoiriens que nous hébergeons chez nous ! Trouvons le moyen de les ramener à la table des négociations, afin que la Côte d’Ivoire retrouve la paix ! Dans le même temps, extirpons de notre armée ses éléments perturbateurs, quels qu’ils soient ! Oeuvrons courageusement, sans la moindre complaisance, pour que notre armée redore son blason ! Faisons très vite, parce que L’HEURE EST TRES GRAVE ! Sinon, il sera trop tard après ! Merci !

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