Classement mondial des grandes fortunes : Où sont les burkinabè ?

mercredi 15 mars 2006

Le classement annuel des plus grandes fortunes vient de livrer son verdict. Les Africains n’y figurent. Et pourtant, les milliardaires il en existe sur le continent.

Réagissez à cet article Réagissez

Au Burkina, il y a de grosses fortunes. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour du côté de la zone résidentielle de Ouaga 2000. Les constructions futuristes qui sortent de terre finissent toujours par convaincre les plus sceptiques.

Côté automobile également, c’est un ballet incessant de « grosses caisses », comme aiment à les appeler les burkinabè. Des voitures de grande marque, achetées selon toute vraisemblance, au prix du marché.

Certaines personnalités du monde politique ou associatif ont avancé des chiffres sur le nombre de milliardaires, supposés ou réels. Des fortunes, qui, de l’avis des intéressés, feraient les beaux jours des banques helvétiques. Mais en la matière, il faut bien reconnaître que le secret est solidement ficelé.

Les entreprises, pas plus que les hommes d’affaires, ne communiquent sur leurs revenus encore moins sur leurs fortunes. La culture de la transparence s’arrête à la porte des banques et établissements financiers.

En Afrique, on ne suppute pas sur l’argent du voisin. On travaille à se construire son propre avenir. C’est à l’histoire de démontrer celui ou celle qui a bien acquis ses moyens. Il n’est pas étonnant dans ces conditions, que l’on retrouve dans les zones périphériques, des buildings côtoyer des taudis. Le tout, dans une indifférence totale.

Personne ne pourra nier en revanche que El Hadj Oumarou Kanazoé, le patron de l’entreprise « OK », fait partie des hommes des plus riches du Burkina. On se souvient que lors de la Coupe d’Afrique des nations de Football organisée par le Burkina en 1998, c’est à bord du jet privé de « Ladji » que Issa Hayatou, le patron de la CAF, entreprit ses tournées d’inspection des chantiers.

« Les feuilles »(c’est ainsi qu’on désigne l’argent au Burkina) Oumarou Kanazoé en fait don à qui il veut, et selon son bon vouloir. Les commerçants burkinabè se souviendront pendant longtemps, des 50 millions que le richissime Kanazoé leur a gracieusement offerts. Un pourboire, qui, malheureusement, est resté en travers de la gorge, puisque deux d’entre eux sont au frais, à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.

Un ministre en son temps, avait lancé cette phrase : « l’important ce n’est pas la provenance de l’argent, c’est ce qu’on en fait. » Une façon de couper court aux rumeurs sur l’étendue de la richesse de certains particuliers. Ils s’offrent, remarque un observateur, un train de vie souvent en déphasage avec les réalités du moment.

Une chose est sure. A défaut d’avoir de la part des hommes d’affaires burkinabè, une idée de leur patrimoine, le pays peut se réjouir d’avoir des milliardaires localement utilisables. On les appelle des opérateurs économiques. Mais qu’importe ! Pourvu qu’ils aient des milliards FCFA.

Juvénal Somé
Lefaso.net

Imprimer l'article

Ajouter un commentaire

Vos réactions


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2014 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés