Croissance économique sans effets sur la vie des Africains : La Banque mondiale en discute via une vidéoconférence

mardi 8 octobre 2013

La Banque mondiale a organisé, le lundi 7 octobre 2013, un point de presse en vidéoconférence sur la situation économique de l’Afrique à partir de New York. Il s’est agi pour la Banque mondiale de discuter, avec les journalistes du Burkina Faso et des confrères du Benin, du Burundi, de la République du Congo et du Togo, des progrès économiques enregistrés récemment en Afrique subsaharienne.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Croissance économique sans effets sur la vie des Africains : La Banque mondiale en discute via une vidéoconférence

« L’Afrique continue d’enregistrer une solide croissance mais les inégalités y demeurent élevées ». Tel est le constat de la Banque mondiale (BM) sur la situation économique de l’Afrique. En effet Le lundi 7 octobre 2013, la Banque mondiale a échangé via une vidéoconférence avec des représentants des médias sur cette «  croissance économique solide  », récemment enregistrée par l’Afrique subsaharienne, et sur les défis à relever. D’entrée de jeu, l’Economiste en chef par intérim pour la région Afrique de la BM, Francisco Ferreira a fait savoir que la nouvelle édition du semestriel « Africa’s pulse » de la BM qui analyse les enjeux et façonne les perspectives économiques de l’Afrique a relevé que la croissance économique en Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,9 % pour 2013. Il y est ressorti que près d’un tiers des pays de la région affichent une croissance de 6% ou plus. Selon le rapport de « Africa’s pulse » la formation brute de capital fixe a augmenté de manière continue d’environ 16,4% du PIB en 2000 à environ 20,4% en 2011. « Près d’un africain sur deux vit aujourd’hui dans l’extrême pauvreté  » constate le Rapport. D’un point de vue optimiste selon le semestriel de la BM, « Africa’s pulse » ce taux devrait baisser pour se situer entre 16% et 30% d’ici à 2030.

Croissance économique pro-riches

M. Francisco Ferreira a souligné que la croissance est soutenue par l’augmentation des investissements privés surtout dans le secteur du pétrole, des métaux et des minerais et par des envois de fonds. Pour lui, elle a l’avantage de restituer un équilibre budgétaire, une consolidation des finances publiques et un maintien d’une dette publique en hausse mais modérée. Tout en affirmant qu’il y a de « bonnes raisons d’avoir espoir », M. Francisco Ferreira a déploré le fait que la croissance économique ne profite pas aux plus pauvres. «  La croissance en Afrique n’a pas été un facteur de réduction de la pauvreté aussi puissant qu’elle l’aurait pu en raison des niveaux élevés des inégalités ». A la Co-auteur d’Africa’s pulse et Economiste principale pour la région Afrique de la BM, Punam Chuhan-pole d’expliquer que c’est parce que la croissance est basée sur des investissements en capitaux dans les matières premières qui emploient très peu. Selon elle, généralement les profils des emplois demandés ne correspondent pas avec les ressources humaines de la région. Et d’ajouter que d’ailleurs les populations locales subissent beaucoup de conséquences liées à l’exploitation de ces ressources. C’est notamment la pollution à travers l’usage du cyanure. Pour remédier à cela, les deux principaux animateurs de la vidéoconférence de presse ont suggéré la construction massive des infrastructures éducatives, sanitaires et routières, l’investissement dans l’agriculture à travers la subvention des intrants et autres outils de production agricole. Car disent-ils, «  la population locale ressent directement l’effet de cette croissance ». Ils ont également plaidé pour le transfert de la liquidité au niveau local pour permettre aux populations locales de faire face à certaines dépenses. Ils ont été unanimes que seule la bonne gouvernance, la transparence et la redevabilité des Etats aux populations sont en mesure de favoriser une croissance partagée. Pour plus de transparence, Madame Punam a soutenu que des statistiques régulières et fiables sont indispensables pour mesurer le progrès en matière de développement et analyser les politiques. Les animateurs ont relevé que le risque majeur de la croissance économique de l’Afrique est « sa forte dépendance envers une seule ou un nombre limité de matières premières rendant ainsi les pays africains riches en ressources vulnérables aux importantes fluctuations du prix de ces matières premières  ».D’où l’opportunité selon eux de mettre l’accent aussi sur la production agricole.

Ibrahima Traoré (Stagiaire)

Lefaso.net

Imprimer l'article

Messages

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2014 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés